C’est un mois que je déteste (heureusement qu’il y a des anniversaires, pardon pour les individus nés en janvier) parce que toutes les rues sont déparées de leurs lumières après les fêtes. Il y a, bien sûr, toujours des irréductibles pour conserver les décorations jusqu’à mi-janvier mais après, c’est terminé de chez terminé.

Alors en entamant un roman sur le sujet des idol, j’ai enfin lancé Oshi no Ko 🇯🇵. Le finir a été atroce pour moi parce que je ne voulais pas retourner dans le noir.
Light Shop 🇰🇷 s’est avéré être le choix parfait pour prendre la relève : deux séries éblouissantes noyées dans l’ombre, dotées de récits complexes étant étrangement réconfortants.

Oshi no Ko et ses bâtons de couleur brillants sous terre
Disclaimer : Je n’ai ni lu le manga ni vu l’anime, bien qu’étant consciente que les différences sont conséquentes au vu de la nature de chaque média.
Oshi no Ko, c’est la surprise que je n’ai pas vue venir. Je pensais simplement binge watch le drama, connaître un autre point de vue sur le monde des idol et m’abreuver de lumière. Or, absolument rien n’est aisé dans Oshi no Ko.
Un arc-en-ciel de couleurs pour masquer la laideur
On est tout de suite plongés et jetés dans une fosse multicolore où brillent des bâtons aux couleurs des idol. Une autre présence étincelle particulièrement la scène : Hoshino Ai. C’est l’idol de tous les temps, l’unique, celle semblant être née pour cette mission “d’être au centre”.
Son énergie, sa candeur et son habileté presque naturelle à mentir font d’elle un modèle de réussite. Comme être une idol tout en ayant accouché de jumeaux dans la plus grande discrétion, alors que sa carrière et la réputation du groupe ne peuvent être entachées sous aucun prétexte. Un joli mensonge bien emballé pour ses fans. De l’amour à revendre. Une façade éblouissante et colorée pour nier la malhonnêteté de ce système.
Parce que la société ne lui ferait aucun cadeau, elle, si elle découvrait qu’une adolescente avait une vie autre que son métier. Ni les fans qui se l’approprient comme si Ai leur appartenait. De plus, c’est une industrie qui a été créé sur les rêves détruits de centaines de jeunes talents, en les écrasant et en les drainant de toute leur vitalité. La réalité est un piège joliment déguisé mais qui ne laisse place à aucun doute : l’expérience aux pays des idol sera loin d’être merveilleuse.
Mais est-ce si mal de faire semblant pour rendre heureux les autres, tout en ayant elle-même trouvé le bonheur ?
Phillip : This is amazing !
Mia : It’s cool but it’s fake..
Phillip (…) You know, sometimes it’s okay to pretend.

Un miracle d’amour
De l’amour et du vrai, on en manque pas bien au contraire ! Après cet horrible évènement, les jumeaux sincèrement chéris par leur mère, en particulier Aqua, s’est promis de la venger. L’amour est le fil de cette série, celui qui relie les personnages entre eux et les pousse à faire certains choix, peu importe qu’ils aillent dans la bonne direction ou non.
De la vendetta qui ronge Aqua, à Ruby tentant de devenir elle aussi une idol, de leur lien fraternel, des sentiments d’amitié et de camaraderie puissants entre elle, Kana et Mem-Cho. La sincérité de Mem-Cho pour embrasser cette carrière d’idol. La détermination de Kana pour protéger Ruby et Mem-Cho de ce qu’elle a subi dans le passé. L’admiration sans bornes de Ayane pour Kana. Et celle de Kana en retour pour Ayane, qui a l’impression d’avoir trouvé une adversaire à sa taille. Du lien unique entre Kana et Aqua, j’ai peu vu cette dynamique sous cet angle.
Un personnage qui prend soin d’un autre, sans aucune arrière-pensée. L’autre l’aime en retour, plein de gratitude pour le soutien qu’il lui est donné sans hésiter.
Et tant d’autres encore, le processus de création de ces connexions et de ce monde a été très bien construit et était tout à fait fascinant, comme si on avait été pris dans une toile d’araignée.
Même si le rythme de l’épisode 7 et 8 fut bien différent, je voulais rester dans leur monde, lumière ou non. J’étais prête à me fondre dans l’obscurité et à les aider à briller, à les protéger de tout danger. Tour à tour, j’ai été émue et sincèrement étonnée qu’ils m’aient fait éclater de rire. Je me demandais si ces rires et le sourire que j’arborais venaient vraiment de moi. Et effectivement, la mise en scène a a fait mouche à chaque fois. Encore plus difficile de ne pas s’attacher.
Une cinématique à couper le souffle
Peut être parce que la plupart du temps, c’était un drama dans un autre. Qui d’ailleurs me donnait envie que ce soit une adaptation réelle que l’on puisse visionner plus tard (hélas).
La première scène m’ayant fait cet effet, ce fut l’une des scènes à la fin de l’épisode un. Ils se sont surpassés : la façon dont est découpée la scène dans l’espace (la robe bon sang !), comment chaque détail a été accentué et mis en valeur. Et les émotions étaient si fortes à ce moment-là, ça n’a rendu que cette scène encore plus grandiose.
Pour en revenir à la mise en abyme, les plans pourraient paraître particulièrement exagérés au premier abord mais c’était magnifiquement réalisé. Le maquillage et les tenues, la prestation du casting, cela a permis de renforcer cette image de cinématique merveilleuse et pleine de vie, de couleurs.
Je m’attendais à être plus enthousiaste pour le côté musical mais c’est clairement le cinéma ici qui a emporté mon cœur !
Light Shop et ses lumières familières dans la nuit
Disclaimer : Je n’ai pas lu le webtoon mais je suis ravie qu’il existe, ça a donné un kdrama unique en son genre.
Light Shop, c’est un drama dont j’ai toujours vu des extraits et des compliments à son égard, sauf un détail, ce qui est honnêtement hilarant et bien représentatif de ceux qui regardent des kdramas en masse. Et puis si je ne l’avais pas visionné, Duwa aurait intenté (virtuellement) à ma vie. Fun fact : le bulbe de ma lampe de bureau vient de décéder au moment où j’écris cette introduction après le premier épisode.
Une farandole de bulbes pour éclairer le ciel
A l’instar de Oshi no Ko, je me suis sentie en sécurité au milieu de tous ces personnages et de ces magnifiques variétés de lumières. Ce n’était pas aussi glauque que je ne l’avais imaginé, j’ai senti que j’avais ma place avec ces inconnus, perdue dans le noir. Pas de meurtrier qui veut vous assassiner dans la plus grande souffrance possible, pas de paparazzi qui souhaite votre perte grâce à un scoop, pas de vendetta à mener qui pourrait bien consumer votre âme.
L’obscurité n’est pas l’ennemi numéro 1 à abattre, on y évolue plutôt bien. Elle n’est pas inoffensive mais sa présence nous permet de percevoir des sources de chaleur que nous n’aurions pu imaginer exister.
Il y a toujours un bulbe lumineux vintage ou moderne pour guider vos pas hésitants et vous tenir compagnie. Un emballage de bonbon brillant pour vous rassurer. Des mots chaleureux pour atténuer vos battements de cœur paniqués. Une personne qui vous distinguera parmi toutes ces silhouettes.
– Even for one person, I must wait.
(…)
– But I’m actually really glad that you’re open late.
– Why is that ?
– Because it’s so bright in here, you know. And also cause you’re here, sir.

chargée de secrets
Les luminaires sont semblables aux humains : une apparence unique mais on ne les connaît pas, ni d’où ils viennent, ils sont dotés d’un développement presque inexistant et ils peuvent s’éteindre à tout moment. On ignore leur identité et pourtant, on continue de les suivre. Comme l’espoir d’apercevoir de la lumière à la fin d’un tunnel. Une étincelle qui ravive des souvenirs que l’on n’a malheureusement pas pu garder avec soi. De retrouver quelqu’un à qui on a pu être arraché.
Ce qui est certain, c’est l’existence de leurs sentiments. On ne peut ni les nier, ni les ignorer. Ils sont bien réels même si on cherche à tout prix à fuir l’obscurité et à tenter d’allumer un bulbe frénétiquement pour les éloigner de nous, effrayés par cette évidence. Mais c’est impossible de toute façon, puisque les reflets sont là pour nous le rappeler.
Je me disais que c’était beau de voir jusqu’à quel point on peut aider par humanité et de prendre soin autant des vivants que des morts. Mais également dévastateur, si l’humanité avait été vraiment lumineuse, alors beaucoup de personnes ne seraient pas plongées dans les ténèbres. C’est comme si ces lumières, censées être accueillantes et un point de repère, les avaient au contraire volontairement piégées et enfoncées dans l’obscurité.
Plus on avance plus j’ai eu le cœur meurtri, zébré de cicatrices, accompagné d’un sentiment de totale impuissance et d’inutilité.
et qui pourra compter sur la réalisation inattendue de cette bien étrange histoire
La réalisation est une œuvre d’art : difficile à décrire mais remarquable. Chaque transition, chaque métaphore, chaque lumière a été créée et mise en valeur de façon à nous balader là où la caméra le désirait. Le but ultime est de parvenir à rentrer à la maison, généralement associée à un sentiment chaleureux et de sécurité. Passer un certain obstacle est un indice de réussite, l’obscurité a été fendue en deux. Cela nous permet sous le regard, tantôt stalker tantôt protecteur, de la caméra de voir les personnages pour ce qu’ils sont véritablement. D’avoir une image d’ensemble de la scène tout en ignorant les intentions du scénariste et réalisateur. D’observer des thèmes, non pas surprenants, mais qui méritent d’avoir leur place dans la lumière. Tout pour nous dérouter, tout en faisant parfaitement sens.
J’espère que cet article n’aura pas été un tunnel d’enfer pour vous, à bientôt j’espère !

J’ai préféré ne pas lire la partie sur Light Shop (pardon) parce que je compte le regarder, et j’espère que ce ne sera pas dans trop longtemps, mais j’ai lu la partie sur Oshi no Ko et ça donne vraiment envie de le voir ! J’avais entendu un peu de bien de la série, mais rien de très précis, je découvre quasiment de quoi ça parle, et tu en parles si joliment, que ♥
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Ne t’excuses pas tkt ! J’ai essayé de rester évasive mais tu as raison, il vaut mieux se lancer tel que ❤
Oh, ça me fait trop plaisir, merci beaucoup 🥺 Si tu le lances un jour, j'espère que tu auras une bonne expérience ! (il y a un film en sequel, je vais le regarder demain héhé).
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