Films, Films japonais, Projets/Challenges

Short Shorts Film Festival & Asia [6 au 26 juin 2023]

Après la bonne récolte de l’année dernière, je m’étais promis de réécrire sur ce festival plein de surprises! Vous pouvez retrouver les deux articles consacrés à ce dernier ici et 😌.

C’est une année particulière puisque le festival fête le 25e anniversaire de son Concours International et le 20e anniversaire de son Concours Asie-Japon. Le thème choisi pour 2023 sera UNLOCK.

Tous les films sont diffusés en ligne gratuitement, avec des sous titres anglais, du 27 avril au 26 juin (attention : seuls les gagnants resteront sur la plateforme jusqu’au début du mois de juillet).

Pour toutes les informations relatives aux programmes, faits sur les films ou récompenses, c’est par ici ☕.

Sur les 25 films visionnés, je vais vous présenter 15 courts métrages qui ont retenu mon attention ~

.

.

1 – I SCREAM FEVER [ONLINE SPECIAL SELECTION]

EXTRAIT

Attention : ce n’est pas le film Ice Cream Fever mais une version spin-off de ce long métrage qui sortira le 14 juillet prochain 🍦🍨.

Résumé :

Miwa (Minami Kotona), a perdu sa mère (Yumi Adachi) dans un accident de la route et erre dans les rues de Shibuya. Essayant de démêler ses sentiments pour sa mère, elle se sent seule en portant les boucles d’oreilles de cette dernière. 

Pendant ce temps, Takako (Utaha), une lycéenne qui déménage constamment, ne peut voir personne qu’elle aime et passe ses journées isolée et seule. Ces deux-là se rencontrent et communiquent tout en dansant entre imagination et réalité. Les gens sont seuls mais ces deux-là se sont trouvées. Nous ne sommes jamais seuls.

Un film fascinant et inoubliable qui parlera à beaucoup d’êtres perdus.

Ici, la solitude n’est pas pesante comme la chaleur écrasante de l’été ou glaciale comme le froid hivernal. Elle accompagne les deux héroïnes dans leur danse-quête : la neige sucrée sublime leurs mouvements et saupoudre de bonheur leurs cœurs. 

La chanson “Alone” martèle l’air mais elle n’alourdit pas les esprits des deux jeunes filles, au contraire, elle leur permet de se rencontrer et de s’ouvrir à l’inconnue qu’elles représentent. 

La transition avec les rayons de soleil, qui réchauffent le cœur de Miwa, est parfois un peu brutale mais il y a quelque chose de réconfortant. On ne sait plus où est la frontière entre la réalité et le terrain de l’imagination mais ce qui est sûr, c’est qu’elle continuera à chérir ses souvenirs précieux.

C’était un court métrage très touchant, je ne m’attendais pas à verser quelques larmes… 😭 La beauté unique de ce film, l’écriture et le jeu des actrices y est pour beaucoup, je vous recommande chaudement ce petit trésor! 

Il y a toujours une main tendue, une connexion quelque part. Vous n’êtes pas seuls 🤍🍨.

2 – Story To Tell [CINEMATIC TOKYO PROGRAM]

court métrage

TW : // Violence // Sang //

Résumé : Vivi & Mimi de DFT cherchent le tueur de leurs pères. C’est une histoire fictive sur les origines de leur groupe.

Comme tous les autres films, je plonge dans l’inconnu et ce fut clairement un des courts métrages les plus impressionnants que j’ai pu visionner.

Imaginez une histoire de vengeance où les protagonistes lip sync parfaitement les chansons rythmant le récit, tout en étant en harmonie avec le jeu des acteurs…

J’ai été bluffée par la synchronisation impeccable, l’interprétation du casting et le fait de maîtriser cette cadence jusqu’à la fin du film. 

La réalisatrice Nakane Sayaka a écrit/dirigé ce projet et j’étais trop contente que ce soit elle, ça faisait complètement sens! Récemment, elle a réalisé des clips pour les artistes japonais Queen Bee et Atarashii Gakko.
Ca m’a également permis de découvrir le groupe de musique DFT (“Don’t Fxxkin‘ Touch”, duo féminin composé de mimi et vivi), des femmes ambitieuses et passionnées!

Ci-dessous, une vidéo très intéressante pour les découvrir 🎵.

3 – I can’t be with you forever [BRANDED SHORTS National Competition]

Le court métrage n’est doté d’aucun sous titres, vous pouvez le retrouver sur youtube par le biais de son titre en japonais [ 僕は、ずっと君の隣にはいられない。].

Résumé : Ce film met en scène Go Morita jouant le rôle d’un père, illustrant le temps passé avec son fils à la maison. Le film a été réalisé dans le but de sensibiliser les jeunes couples âgés de 25 à 35 ans, qui ont commencé à fonder une famille ou envisagent de le faire, sur le peu de temps qu’ils pourront consacrer à leurs enfants. L’enquête révèle que « 3 ans, 5 mois et 11 jours » : c’est le temps qu’un père passe avec son enfant au cours de sa vie.

Voir Morita Go sourire dans une œuvre de fiction… j’ai failli en tomber de ma chaise, c’est pour vous dire à quel point j’ai été choquée 🤣.

Le film a parfaitement rempli son objectif : montrer à quel point il est important pour un père de passer du temps et de participer à l’éducation de son enfant, de s’intéresser à ce dernier et de lui montrer.

D’où le titre « I can’t be with you forever » et le thème de la mort, ce fut difficile et les larmes ont coulé, surtout avec la chanson de Aimer qui a accompagné le petit garçon et son père.

Je vous laisse avec ce morceau sublime 💙.

4 – Me, My Autism & I [BRANDED SHORTS International Competition]

court métrage

Résumé : Le film présente un jour dans la vie d’Ash, castée aux côtés de sa vraie famille et de ses amis, et l’importance viscérale de son sweat. Tout dans le film est basé sur des expériences vécues.

Représenter à l’écran un personnage autiste par une personne concernée et de surcroît, une fille, est très important. Comme il l’est mentionné à la fin de la vidéo, ce sont ces dernières qui passeront à travers les mailles du filet et une partie d’entre elles ne sera donc pas diagnostiquée.

L’interview ci-dessous donne la parole à plusieurs filles autistes (mais pas seulement), des témoignages qui méritent tout autant votre attention ~

5 – TRAP [Online Special Selection]

mini présentation avec sous titres anglais

TW : // Violence // Sang //

Résumé : L’art est souvent le reflet d’une attention rigoureuse. Cette histoire s’articule autour des pressions internes du protagoniste, et de sa tentative d’échapper à son propre esprit et de libérer son imagination.

Un artiste vit dans un monde qu’il crée, mais parfois la peur peut nous briser. 

Un de mes films expérimentaux préférés avec Palm!

Le protagoniste est également attaché à une chaise mais en plus mauvais état que la jeune fille. Les transitions sont rapides et efficaces, brouillées comme une télévision qui ne fonctionnerait pas correctement. Perdu, il reprend ses esprits au fur et à mesure que cette dernière se met en marche. 

On dirait une vhs ou l’esthétique d’un edit, ça m’a beaucoup plu.

Par le biais de son imagination, son esprit a crée plusieurs mondes pour tenter d’échapper à la réalité (la sienne en tout cas). Est-ce dû au danger ou est-ce l’une de ces alternatives?

On n’a pas le temps d’y réfléchir que son imagination le transporte ailleurs. C’était une de mes scènes préférées avec la télévision au milieu de nulle part (sauf les emoji très laids) et la douce musique irréelle. Je l’ai tout de suite associé à Mirrored Mind et ça m’a rendu triste.

D’ailleurs, la scène suivante ressemblait à l’esthétique et à la mise en scène d’un film japonais mais aussi taïwanais, c’était très plaisant avec la musique. 

Même si je n’ai pas apprécié la scène de combat à la fin (peu crédible malheureusement), le film a très bien illustré le concept de fuite mais aussi celui de réussir à poursuivre sur la voie que l’on souhaite. Malgré les difficultés, malgré la peur que l’on ressent et toute la pression que l’on s’inflige.

6 – The Family [BRANDED SHORTS National Competition]

court métrage sans sous titres

Résumé : Le protagoniste de cette histoire, qui s’identifie à la fois comme un homme (le père) et une femme, peine à aborder le sujet des funérailles et demande conseil à leur famille.

J’ai été étonnée avec quel respect cette femme transgenre a été traitée jusque dans la mort. Ces proches (sa femme, sa fille et sa petite fille) ont été très bienveillants et l’ont écouté, essayant de la conseiller au mieux pour choisir son portrait.

Son identité a été considérée et ses désirs appliqués comme elle le souhaitait, l’attitude de sa petite fille à son enterrement m’a beaucoup touché d’ailleurs…

Cette scène m’avait fait penser au drama thaïlandais My Coach, le personnage féminin transgenre décédé est mégenré par son frère (ici, personne ne s’est rendu à ses funérailles et n’a reçu aucun amour mais au moins, son portrait correspondait au genre auquel elle s’identifiait), tandis que son neveu s’évertue à la genrer au féminin comme elle le voulait.

Très étonnée également que Viu l’ait bien traduit et souligné les différents usages de pronoms entre le père et son fils.

7 – Larasri « The Daughter of Sorrow » [Smartphone Film Competition supported by Sony’s Xperia]

Résumé : Sri (20 ans) une jeune fille qui a récemment perdu son amant Hasan (25 ans), mort mystérieusement après avoir refusé de vendre son champ de riz à un propriétaire d’usine. La tristesse de Sri s’est aggravée lorsqu’elle a dû épouser un homme choisi par ses parents dont on soupçonnait d’être l’assassin de son amant.

Un court métrage rempli de chagrin, de douleur et de révolte.

Les yeux (et le visage en général) de l’actrice étaient capables de transmettre différentes émotions : nous faire peur, être horrifiée, être en colère et perdue, sombrer dans la tristesse et le désespoir…

La scène devant le miroir avec la musique mystérieuse et mélancolique m’avait amené à penser à une autre issue mais non… En tout cas, elle était excellente au même titre que son interprète.

8 – Nutting [U-25 Project]

court métrage sans sous titres sur youtube mais il a bien été sous titré lors du festival

Résumé : Cette histoire parle d’une fille qui essaie de surmonter le sentiment de perte liée à la mort de son père, en le ressuscitant avec une noix qu’elle a ramassée. Cependant, la chose qui en est née n’est pas la personne aimante qu’elle souhaite voir, ni même humaine : c’est un monstre, Nut Baby.

Un des courts métrages d’animation où j’ai véritablement eu un coup de cœur! 

J’ai été bercée par ces techniques depuis que je suis toute petite et c’est pour ça qu’ils ont une place à part. Le dessin m’a plu et j’ai trouvé les yeux de la jeune fille très expressifs, puissants. 

Mais comme d’habitude, c’est la musique qui a eu mon cœur en premier! Elle se marie à la perfection avec le film et son héroïne!

9 – Look like you [Shibuya Diversity Program]

Résumé : Alors qu’elle rendait visite à la famille adoptive de son fils biologique de huit ans, Tara surmonta l’hésitation de ses parents à lui transmettre des conseils qu’elle avait recueillis en grandissant comme une paria (due à son homosexualité).

Comme je n’avais pas bien lu le résumé, je pensais qu’elle allait faire son coming out et présenter le fils qu’elle aurait adopté avec sa compagne… mais pas du tout! 😂

On ne sait pas précisément (même si on a des indices) pourquoi elle a fait adopter Ray, peu de détails également sur sa vie, son cheminement, sa rencontre avec sa fiancée…

Mais l’idée qu’elle puisse voir son fils, le rassurer, le conseiller et répondre à ses questions face aux discriminations qu’il subit et ses sentiments liés à son adoption, j’ai trouvé ça très encourageant 💜.

10 – Areola Borealis [Celebration Program]

COURT METRAGE

Résumé : Une mère coincée essaie de mettre en scène le dîner de mariage non traditionnel de sa fille avec ses principes traditionnels, mais ses projets sont compromis par un soutien-gorge cassé.

Je veux un mariage aussi chaotique (surtout le moment des préparations), chouette et déjanté que celui-là! 

Même si vous n’êtes jamais allé(e)s à un mariage de votre vie et que vous n’avez pas la bague au doigt (en réalité, il y a bien d’autres options mais c’est pour éviter d’être bavarde), vous pourrez totalement vous identifier à ce genre de comportements. 

J’ai beaucoup aimé la solidarité entre la sœur de la mariée, la concernée, sa meilleure amie et un autre invité. L’évolution de la mère était très appréciable 🎆.

11 – Make eye contact with an alien [U-25 Project 1]

Résumé : Lors d’une nuit d’éclipse totale de lune, un extraterrestre se montre devant une fille vivant sur Terre.

Ils développent une connexion émotionnelle à travers un ventilateur électrique et vont partager un souvenir spécial qu’ils seront les deux seuls à connaître. 

Un crossover entre le ventilateur jaune de Nagi et le style de FM999: 999 Women’s Songs, qui l’eut cru? 

Plus sérieusement, j’ai trouvé ce moyen de communication original, qui n’a jamais rêvé de rentrer en contact avec des aliens par ce biais là?! Et il ne fait pas peur du tout, il a vraiment l’air d’un chic type.

Les regarder danser tous les deux puis voir l’héroïne rire m’a fait autant sourire que le Chat du Cheschire, quel beau début d’amitié.

Donc maintenant, il me faut un drama… Tant de qualité en si peu de temps, c’est indécent!

12 – Anamnesis [Shibuya Diversity Program]

TW : // Violence // Sang //

Résumé : Wayne, un meurtrier moustachu d’une cinquantaine d’années, entre dans une supérette.

Il crie plusieurs fois pour signaler sa présence mais personne ne répond. Puis il voit l’employé. Alors qu’il l’attrape et lui crie dessus, il réalise que le caissier est sourd après avoir vu son geste. Il va passer soudainement à une dimension différente où il rencontre sa fille sourde.

Mes mains sont restées sur ma bouche du début jusqu’à la fin, je stressais (inutilement) devant mon ordinateur en priant pour que le caissier ne soit pas assassiné.

La transition avec sa petite fille m’a bouleversé, l’acteur a tellement bien interprété toutes les émotions qui agitaient son personnage… Et la musique m’a détruite, elle a rendu encore plus intense cette scène de retrouvailles. 

13 – How Far [NEO JAPAN]

Résumé : Yuki est revenu dans sa ville natale et a trouvé des feux d’artifice dans un magasin, puis a rendu visite à son vieil ami Go. En parlant de nouvelles récentes sur leurs amis de l’école et en revisitant des souvenirs oubliés, Yuki tente de saisir une trace d’amitié entre lui et Go.

Tout est question de distance : l’éloignement géographique, leurs futurs métiers et comment ils s’y prennent pour y parvenir, les perspectives de vies futures pour chacun d’entre eux, les souvenirs de Yuki et de Go, le feu d’artifice qui finit par mourir (sous entendu comme leur amitié et Yuki finit de nouveau dans le noir)… pour finalement se retrouver et se promettre de s’appeler. 

J’avoue que j’aurai aimé en savoir plus sur leur passé, c’était très intéressant à suivre et le duo avait une alchimie solide.

14 – My name is Anti [Smartphone Film Competition supported by Sony’s Xperia]

TW : // Violence // Sang //

Résumé : Anti,14 ans, saute d’un véhicule en mouvement. Elle court, elle est traquée, elle résiste et se défend : tout ce qu’elle subit est enregistré sur le téléphone portable de son trafiquant qu’elle a volé. Cet enregistrement pourrait être sa seule preuve.

C’est l’actrice qui filme toutes ces péripéties et j’ai trouvé que ça rendait sa performance encore plus impressionnante. 

Anti, le personnage qu’elle incarne, a eu énormément de courage et de force; j’étais scotchée par la force de son regard.

15 – Floating in between [Smartphone Film Competition supported by Sony’s Xperia]

Résumé : C’est l’histoire d’une nageuse artistique, Misa, et comment elle accepte « maintenant » après avoir abandonné sa carrière.

C’était passionnant!

En réalité, elle n’a pas vraiment abandonné et elle exerce différentes activités en lien avec l’eau. Elle est très intelligente et honnête : cette artiste a expliqué que c’était tout à fait acceptable de ne pas être bon, d’essayer de nouvelles choses pour trouver sa/ses passion(s) et de chérir chaque expérience.

Ses  mots étaient aussi fascinants que ses mouvements dans l’eau… si vous voulez suivre les aventures de Sugiyama Misa, vous pouvez la retrouver sur instagram.


Malgré des migraines, des courts métrages non/plus accessibles et un certain agacement dû au fait qu’il n’y avait pas de sous titres pour la plupart des films, c’était une très bonne édition! J’ai hâte de voir qui seront les gagnants ✨.

J’espère que cet article vous aura plu et à bientôt pour de nouvelles aventures dramatesques!

Laisser un commentaire