Films, Films japonais, Projets/Challenges

Short Shorts Film Festival & Asia [7 au 20 juin 2022] partie 2

Si vous souhaitez découvrir la partie 1 et en savoir plus sur ce festival, c’est juste ici ~

Edit : Après le 20 juin, date où les gagnants ont été choisis, seuls leurs films resteront sur la plateforme jusqu’au 30. Je suis déçue de cette liste finale mais j’ai quand même trouvé quelques courts métrages (8) à me mettre sous la dent 😁.

Et ça m’a consolé de voir que Room without sound faisait parti des vainqueurs, vous pouvez le retrouver dans la partie 1 😊.


SSFF & ASIA 2022 Award Winning Shorts

.

.

1 – Present for Future [Smartphone Film Competition supported by Sony’s Xperia]

Résumé : Amanda marche dans la forêt. Elle profite de la beauté de la nature, écoute les bruits de l’eau, sautille ici et là. Sur son chemin, elle trouve un lapin et veut le prendre dans ses bras. Et soudain…

Je trouvais étrange cette forêt, artificielle, très lumineuse et je n’aurais clairement pas laissé un enfant s’y promener seul. Mais au fur et à mesure, j’ai pris plaisir à découvrir et m’émerveiller devant cet endroit comme la fillette. 

Quand elle tombe nez à nez avec un lapin, je me suis dit qu’il allait l’emmener au Pays des Merveilles. Pas exactement. 

Entre l’imaginer et le voir, la différence est saisissante. Et peut-être que vous réfléchirez également un petit moment après le visionnage de ce court métrage.

2 – THE LIMIT Taxi Girl [Asia International & Japan Program 7]

Résumé : Saki, une avocate, entre dans un taxi pour se rendre à l’aéroport. Mais le conducteur du taxi n’est autre que sa sœur Satomi, qui l’avait attendue. Et contre la volonté de sa sœur, elle l’a conduit à l’hôpital où leur mère est dans un état critique.

[Taxi Girl est le deuxième épisode du drama japonais THE LIMIT, les six histoires sont indépendantes les unes des autres].

Deux visions de la vie s’affrontent : celle de Satomi qui ne comprend pas que sa sœur fasse passer son travail en premier et celle de Saki, qui ne se sent pas aimée par sa famille, s’investissant à 100% dans son métier.

Entre pression sociale pour fonder une famille et devoir de l’amour à un parent, Saki se débat avec ses convictions pendant ce trajet passé avec Satomi.

La nuit aux couleurs chaudes semblent les éloigner, pour finalement, mieux les réunir et les envelopper dans une atmosphère réconfortante. Certains choix de plans étaient intéressants et permettaient de se recentrer tour à tour sur les deux protagonistes.

Kadowaki Mugi et Furukawa Kotone ont une alchimie évidente à l’écran et c’était un bonheur immense pour moi de les retrouver dans cet épisode. 

3 – sparklers [Asia International & Japan Program 8]

Résumé : “Je suis toujours de ton côté”. Une femme et un homme profitant de camper ensemble. Ils ne sont pas amoureux mais plus que des amis, et ne sont pas de la même famille.

Cette relation qui aurait dû durer toute une vie, est progressivement tordue par les mots de l’homme… Que leur réservera l’avenir?

… and that was the beginning of my villain origin story.

POURQUOI LES HOMMES GÂCHENT TOUJOURS TOUT?

C’est un peu plus que ça mais cette question n’a pas quitté mon esprit du début jusqu’à la fin de ce court métrage.

Leur lien était incroyablement fort et le duo Ito Sairi/Chiba Yudai l’a illustré à la perfection! Ils avaient une alchimie si naturelle entre eux, je ne pouvais m’empêcher de sourire en les voyant rire à en perdre la tête. 

Les scènes de douleur semblaient elles aussi sincères, ils ont su être très convaincants.

La cinématographie m’a conquise d’emblée, en témoigne le superbe lieu où ils faisaient du camping. J’ai repassé plusieurs moments, tant j’étais bien avec ce duo et ces magnifiques paysages. 

Mais déçue par la vision du protagoniste masculin, c’est difficile à expliquer comme sentiment, je ne sais plus si je suis triste, en colère ou encore plus vide…

4 – AIM [BRANDED SHORTS National Competition]

Résumé : A l’écart de la société depuis la mort de sa mère, Mai passe ses journées à jouer à des jeux en ligne et dormir. Inquiet, son père demande conseil sur Internet.

Mai est une jeune femme de 23 ans, hikikomori depuis dix ans suite au décés de sa mère. Jouer aux jeux vidéos en ligne est son seul contact avec l’extérieur, puisque sa relation avec son père s’est progressivement dégradée. 

C’était exactement le genre de films que je recherchais : j’ai vu très peu de représentations de personnages hikikomori féminins alors Mai, bien qu’elle vive dans une pièce à l’atmosphère étouffante, a été une véritable bouffée d’air frais. 

Le fait qu’elle soit excellente dans cette discipline et fasse partie des meilleurs joueurs m’a aussi beaucoup plu. On aurait pu la voir souffrir pendant tout le court métrage, notamment à cause de potentielles décisions de son père, mais au final, Mai s’entraîne tous les jours pour atteindre le but qu’elle s’est fixé. 

A travers ces jeux et ces personnages qu’elle tue, Mai vise un objectif bien précis qui va enfin lui permettre de trouver sa place dans la société et de sortir de sa chambre (signification du titre anglais).

De l’autre côté, on a son père, résigné et désemparé face à cette situation qui dure depuis dix longues années. Son quotidien est rythmé par les tirs de sa fille la nuit et les bruits de machines de chantier le jour. Il vit littéralement dans le bruit mais il ne réagit pas, espérant que Mai fasse le premier pas vers lui. L’inquiétude le ronge de plus en plus vis à vis du futur de sa fille, se demandant comment elle pourra s’y intégrer de nouveau. Cela sous-entend que le père ne sera plus là un jour et cette perspective l’angoisse.

En demandant des conseils sur un forum, il en reçoit un bon (celui de se faire aider par des associations/organisations compétentes) et un mauvais (couper internet).

J’ai trouvé son point de vue intéressant car ce n’est pas évident d’avoir « le mauvais rôle ». Il tient à sa fille et fait tout pour trouver une solution.

(Une superbe musique, apparaissant pendant les questionnements intérieurs du père, permettait de reprendre son souffle entre chaque salve de tirs).

5 – Barefoot Empress [Non-Fiction Program 1]

Résumé : Karthiyani Amma, âgée de 96 ans, a vécu toute une vie à balayer dans des temples en Inde. Des dizaines d’années plus tard, elle rompt avec la tradition en retournant à l’école.

Là, elle bouleverse toutes les attentes et obtient la meilleure note dans sa classe. Son histoire inspirante est la preuve qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves.

Avant de parler de cette femme exceptionnelle, je voudrais dire quelques mots sur l’introduction du documentaire. 

Il commence par une situation où des femmes reçoivent (je ne me rappelle plus exactement et je m’excuse), du poivre ou quelque chose de peu agréable dans les yeux et sur le visage en général. Ceux qui leur font subir ce traitement ne sont autre que des hommes ne supportant pas le fait qu’elles soient entrées dans un temple. Parce qu’elles sont en âge d’avoir leurs règles. Une femme rentrant dans ce lieu le rendrait donc impur. Après leur avoir fait du mal et denié leurs droits, ces mêmes hommes ont procédé à un rituel de purification du temple.

Quand j’ai vu les expressions de ces hommes se tordre de haine, je me suis demandée de quoi ils avaient peur. Peut-être de se prendre une vague de sang en pleine figure, qui sait (et je ne dis pas ça parce que j’ai mes règles au moment d’écrire cet avis).

Comment peut-on être aussi violent et effrayé? Ce sont des réactions totalement disproportionnées. 

Ce qui m’amène au point suivant : après l’interdiction de visite pour les temples et de ne pas être considérées comme leurs égales, qu’est ce que ces hommes ont empêché les femmes de faire?

L’accès à l’éducation. Et la vie de Karthiyani Amma le prouve. 

N’ayant pu aller à l’école (c’est une fille, pas assez d’argent pour tous les enfants…), elle se mariera tôt et après la mort de son mari, elle travaillera en tant que balayeuse dans un temple, en même temps qu’elle élève ses enfants.

J’ai dû mal avec les discours dits « inspirants » mais celui-ci m’a touché. 

Elle a travaillé très dur pour arriver au même niveau que les enfants de sa classe, malgré ses difficultés. Ça me rendait triste quand elle se trouvait bête, on ne lui a juste pas donné sa chance et c’est bien dommage.

La voir étudier avec ses petits enfants m’a donné du baume au cœur, au même titre que les encouragements de sa professeure. Elle s’est accrochée et a réussi, j’espère qu’elle pourra aller aussi loin que possible.

6 – Borekas [International Program 7]

Résumé : Une panne sur le chemin de l’aéroport fournit à un père et son fils, une opportunité de renouer le dialogue.

Autre relation familiale (et un taxi) mais cette fois, avec un père et son fils. 

Vivant à l’étranger, ce dernier ne fait plus beaucoup d’efforts pour parler avec son père. Il s’énerve facilement quand ils se voient et n’aime pas être appelé, il préfère les sms.

Quand le fils revient dans son pays natal (la Palestine), le père a beaucoup de mal également à engager une réelle conversation et non juste des banalités.

On ne sait pas ce qui a provoqué exactement cette fracture mais on a quelques indices. 

Lors de la panne, bien qu’ils ne soient pas d’accord sur la décision à prendre pour se sortir de cette situation, on va voir que le père s’inquiète pour son fils et qu’il fait son possible pour l’aider. Entre angoisse et agacement, ils vont laisser parler leurs cœurs, trop longtemps murés dans le silence.

La nourriture participe à ce rapprochement : même si ce ne sont pas ses viennoiseries favories, le fils mange un croissant que son père lui a acheté à la boulangerie un peu plus tôt (une des preuves d’amour du père, qui a toujours peur que son fils ait faim). 

Le fils préfère les borekas, souvenir précieux de son enfance. Mais il veut profiter de ce dernier moment de partage avec son père.

Le paysage, notamment avec les couleurs des arbres, renforce ce sentiment chaleureux.

7 – Unspoken Love [BRANDED SHORTS International Competition]

Résumé : Inspiré par une histoire vraie, le film met en scène un jeune couple sourd-muet, venant de deux villes éloignées l’une de l’autre. Ils se sont rencontrés sur un réseau social en utilisant leur smartphone OPPO Reno5.

Avec le temps, leur amour croît au fur et à mesure qu’ils se comprennent mieux, en communiquant par le biais d’un portrait vidéo tous les jours. Jusqu’au jour où ils décident finalement de se voir en personne, puisqu’ils sont l’étoile brillante de l’un et de l’autre.  

Je m’excuse une nouvelle fois car je n’avais pas noté le nom du couple à l’origine de cette histoire. 

Par l’intermédiaire de leurs téléphones, on les voit communiquer ensemble avec la langue des signes et leur amitié se transformer en amour. On a un aperçu de leur passé et de leur présent, comment se déroule leur quotidien notamment dans leur travail respectif. Ils ont vécu une vie bien différente avec leurs lots de bonheurs et d’obstacles.

Le contraste a été superbement réalisé par Derek Tsang (réalisateur de Better Days).

Et vient le moment où ils vont enfin pouvoir se retrouver dans la réalité. Ils s’élancent au rythme de la musique l’un envers l’autre et c’était magnifique : plus il augmente, plus leurs pas accélèrent désespérément.

Perdus dans cet infini sombre, il cherchent du regard la présence lumineuse de l’autre. Et ils finissent par y arriver.

Zhou Dongyu and Li Yifeng ont interprété à merveille leurs rôles, je suis encore très touchée par leur performance.

Plus d’explications sur le projet : https://www2.spikes.asia/winners/2022/film_craft/entry.cfm?entryid=571&award=99&order=0&direction=1


War and the Power to Live Program supported by Red Cross

.

.

8 – Migrants

COURT METRAGE

Résumé : Deux ours polaires sont entraînés et forcés de s’exiler en raison du réchauffement climatique. Ils vont rencontrer des ours bruns tout au long de leur parcours, avec qui ils essaieront de cohabiter.

Un film d’animation brillant et touchant, réussissant à traiter de plusieurs thématiques actuelles en un court métrage, à savoir, la migration forcée, la découverte et la peur de l’autre, le traitement cruel des familles de migrants et le réchauffement climatique.

Cette animation magnifique m’a scotché au même titre que l’écriture : toutes les situations que l’on va rencontrer au cours de ce film sont malheureusement issues de notre réalité. Je me suis attachée très vite à ces deux ours blancs en premier lieu grâce à leurs expressions et leurs mouvements corporels, ainsi qu’à leur lien très fort qui les unit malgré ces épreuves.

La fin est horrible avec une signification très importante, témoignage de cette horreur vécue par les migrants.


Malgré ma déception pour cette sélection, ça m’aura permis d’apprendre le fonctionnement du festival. Je tâcherai d’être plus efficace l’année prochaine 😊.

J’espère que cet article vous aura plu et à bientôt pour de nouvelles aventures dramatesques!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s