Dramas, Lakorn

🍉 Pourquoi j’ai adoré le deuxième épisode de My Marvellous Dream is You 🌙

Et bien entendu, je vais me permettre de faire des rappels au pilote.

Durant les débuts de GAP, en novembre 2022, ce fut une période incroyable et riche en saphiques. C’était sans compter sur 2024 qui a dit : Chaque jour (ou presque) de la semaine doit diffuser un épisode d’un gl, ça va déménageeeeer !

De Love Senior à la saison 1 de SHE, en passant par Sweet Love et Ly Ly, les saphiques/lesbiennes de Zoomers – Ready Set Love – Deep Night – The Sin of Love 2 – Pyramid Game – My Strawberry Film et les VR Lesbians, ensuite direction vers Chaser Game W et TsukuTabe 2, puis les girls love (Among the Cloud, Little Cupid) de la chaîne Hour Channel avec notamment sa plus importante production à ce jour : Making Memorable Memories. 

On continue en Thaïlande avec Sea You Soon and You are my star, remontée vers la Birmanie pour My Other Half the Series puis traversée de la Chine avec Moonlight Fills The Western Tower pour se rendre en Corée du Sud : la saison 1 de To the X who hated me et Lonely Girls.

Hors Asie, nous avons eu Rumors, une web série australienne composée de 5 épisodes.

Estimez-vous heureux, je n’ai pas cité les courts et longs métrages ❤.

Et le mois de mai n’est pas en reste ! En ce moment, j’ai rattrapé mon retard pour la série vietnamienne Chuyện tình tôi và em. Si vous venez du passé, sachez que 23.5 existe et touche bientôt à sa fin (juré craché mais je ne cracherai pas). Nous avons aussi en stock, l’animé japonais Whisper me a love song, la série birmane Love with Khemarat, un nouveau gl de Hour Channel, Design you beside me, et Depois da Meia Noite; une web série brésilienne. 

Pour vous donner un exemple, voici la semaine full gl du 6-12 mai : 

Pour cette semaine :

Et My Marvellous Dream est un concurrent de taille.


Adapté du roman Dream écrit par Chao Planoy et réalisé par A Natthaphong comme pour GAP (j’ignore qui est chargé de l’écriture), le drama est composé de 12 épisodes et diffusé tous les mercredis soirs, sur la chaîne youtube IdolFactory Official.

Si le résumé suivant vous paraît trop court, vous pouvez en avoir une idée plus précise grâce à l’ebook.

« Une fille qui tombe amoureuse d’une fille qu’elle voit dans ses rêves. Elle la rencontre ensuite dans la vraie vie. »


Un workshop pour retrouver ses ailes 🦋

Si vous avez fait du théâtre (ou que vous êtes facilement happé par une histoire), peut-être que vous ressentirez et apprécierez cette énergie passionnée. J’avais envie d’y participer alors que je ne suis pas douée pour ce métier.

Le premier exercice était génial parce qu’il permettait de montrer que les actrices jouaient réellement bien (référence à l’interview sur leurs capacités), et que c’était dû aux compétences qu’elles ont acquises par elles-mêmes et non par la réputation ou l’argent de leurs parents.

Le fait que l’exercice soit conduit par le personnage de Mint, quelle joie ! Non seulement la direction capture parfaitement la tension qui s’en dégage et monte crescendo, mais elle parvient aussi à intégrer et alterner avec brio les directives et les conseils de Minnie.

Durant la deuxième partie pour les rôles de Sam et Kirk (clin d’œil aux personnages de GAP et à ses musiques 💗🖤), la réalisation m’a de nouveau impressionnée. Avec les plans faisant le tour des personnages, ils se sont servis des épaules pour changer de point de vue : de Jessie à celui de Dawan et vice versa.


L’attention aux détails avec les définitions et citations notamment Fall in love with yourself first m’a sauté aux yeux parce que c’est ce que Dawan aurait besoin de faire, au lieu d’agir comme un papillon arrogant et blessé.

Elle a perdu ses ailes le jour où Kimhan a quitté son poste, alors que cette robe (et l’amour qu’elle y a mis) était faite pour l’encourager à voler de ses propres ailes, sans son aide.


Le Multiverse Planoyesque

Une autrice à succès. Ayant écrit au moins une dizaine de romans girls love. Si elle n’avait pas un tel manque d’empathie et d’éthique, je serai évidemment beaucoup plus enthousiaste avec toutes les compagnies souhaitant adapter ses histoires.

Mais pourquoi ça me plaît malgré ce point non négligeable ? C’est parce que la plupart de ses romans partagent un univers commun ! On pourrait s’attendre aux mêmes actrices à chaque nouvelle série, ce serait logique. Pourtant, la décision suivante a été de laisser leur chance à diverses candidates et ça permet de voir la différence entre leur jeu, l’esthétique et le ton adopté par chaque compagnie.

Par exemple, dans Dream, nous avons le couple de Dokrak et de Pam (issu du roman US). Idol Factory, richesse très apparente avec des lieux de tournage à leur image. Le jeu est moyen et je les trouve snobs, très clichées.

Alors que c’est l’opposé pour l’ébauche de trailer de US par GMMTV : les interprètes sont plus authentiques avec une alchimie évidente, l’ambiance est réconfortante, chaleureuse, douce et on peut respirer.

Quant à Affair, c’est un niveau au dessus pour le jeu (même si Emi est un caméléon que j’adore) : je sens aussi une attention aux détails, c’est une histoire prise au sérieux. Malgré ce blanc infernal, beaucoup de coeur dans l’atmosphère de cette série.

Pour Pluto, je ne vois pas de lien mais je vais prêter attention aux noms des personnages.

Il y aussi Blank, Nueng est la grande sœur de Sam dans GAP. Dans ce dernier, je détestais autant la version série que la version roman. Pour Blank, à travers le trailer, elle paraît plus humaine et nuancée. Mais je ne regarderai pas à cause des choix de l’autrice, qui n’ont visiblement pas été modifiés à l’écran.


Femmes en force

Pour être honnête, je suis très déçue du manque de représentation (extrême blancheur et jeunesse), de la grossophobie ambiante et des blagues lassantes, au même titre que cette complicité entre nos quatre protagonistes. Je n’y crois pas du tout, on dirait du réchauffé alors que les amitiés, c’est censé être le point fort d’Idol Factory. 

Mais voir autant de femmes au premier plan sans être négligées (enfin, on verra ça sur le long terme), c’est très plaisant !

Dawan et Kimhan sont amies avec Mali et Samorn ainsi que les mères de nos héroïnes, qui prônent l’indépendance (affective et financière).

(Ca m’a immédiatement fait pensé au deuxième épisode de Wannabe, les situations de la mère de Dawan et celle de Maam sont radicalement opposées, leurs environnements respectifs parlent d’eux-mêmes.)

Dawan est en rivalité avec Jessie, une autre actrice, mais a heureusement Toon à ses côtés, sa manager. Minnie est une des meilleurs coach de jeu dans ce studio à Bangkok (je présume) et recommandée par une production d’Hollywood, dont Dawan sera peut être l’élue.

Dokrak et Pam sont un exemple de réussite et le chef du restaurant de Samorn n’est autre qu’une cheffe !


Critique de l’élite ou portrait idéalisé de cette dernière ?

Ce n’est qu’une supposition de ma part, mais utiliser Gatsby le Magnifique pour illustrer la stupidité et le niveau d’insouciance totale des protagonistes dans cet océan d’argent, c’est parfait.

Ici, nous sommes dans le restaurant de Samorn, qui a fait acheter des costumes hors de prix à ses amies alors que ce n’est pas le bon thème; et la nourriture est produite excessivement, sans respecter ni cette dernière ni la cheffe venue travailler pendant son jour de congé (Samorn qui râle parce qu’elle a dû la payer plus que d’habitude, encore heureux !). Pendant que Dawan refuse un plat avant la Fashion Week.

Pendant que les bourgeois festoient, un génocide est en cours (N’oublions pas le massacre du Super Bowl) 🇵🇸

Elles sont littéralement dans une autre Thaïlande : celles des condos équipés d’air conditionné, des maisons à des sommes astronomiques qu’elles peuvent acheter ou faire construire. Certainement pas celle des trottoirs en mauvais état, polluée et ultra bruyante, avec le besoin de cumuler des emplois sans pouvoir correctement se reposer malgré la chaleur.

https://www.ouest-france.fr/monde/thailande/la-thailande-ecrasee-de-chaleur-les-habitants-de-bangkok-appeles-a-rester-chez-eux-e2af5944-0232-11ef-b4e8-6352e833645c

Mais ici, la pauvreté a été effacée. Oh toutes mes excuses, j’oubliais la mère de Kimhan qui peine à payer ses employés et ses fournisseurs, tout en vivant dans une demeure ma foi charmante et bien aménagée. 

Plus sérieusement, je ne peux pas compatir aux difficultés de Dawan et de Jessie en ce qui concerne les critiques sur leurs privilèges.

C’est une industrie remplie de personnes riches (ou qui vont le devenir avec « les bouquets de fleurs » pour donner un exemple), des proches acteurs/ices, avec les connexions qui priment et tout ce beau monde qui reste dans leur bulle toute propre (certains/es ont bel et bien du talent et je ne dis pas que tout a été facile pour eux, au contraire).

On n’a pas de flashbacks montrant des auditions de Jessie ou de Dawan mais pour moi, elles n’ont eu que très peu d’obstacles dans leur vie.

Pour beaucoup, iels ont dû traverser des épreuves éprouvantes rien que pour être sur la ligne de départ. Dans l’espoir d’avoir une meilleure vie et d’améliorer celle de leur famille, de ne plus subir des inégalités sociales en s’élevant dans la société, et en ayant un meilleur statut pour obtenir un semblant de respect. 

Ces personnes là ont aussi leurs débuts vers lesquels ils peuvent se tourner pour ne pas oublier qui elles sont, comment elles ont démarré. 

Alors ça me fait doucement rigoler quand Dawan se moque de Jessie en disant que certaines personnes ont besoin de jouer beaucoup de rôles avant d’être connus, sous prétexte qu’elle est devenue célèbre après une série.

Sans Kimhan, le papillon arrogant n’aurait pu rêver de voler à une pareille hauteur.


Sweet Dreams

Petite déclaration spontanée au drama : si il y a le thème des rêves ou cauchemars, mon cœur est à vous.

Et c’est ce que je trouve génial dans la série, c’est que les rêves ne sont pas que de doux moments où nos deux héroïnes peuvent se dire ce qu’elles aimeraient communiquer à l’autre dans la réalité.

L’évolution progressive en cauchemars de ces derniers a été très bien maîtrisée avec un univers fascinant et des obstacles inattendus, entre dessins et personnes bien réelles. La tâche sera ardue et les deux papillons vont devoir surmonter des épreuves difficiles pour ne plus être séparés par leur destinée incertaine (autant dans la réalité qu’en rêve).

Malgré cela, elles ont une possibilité infinie de rêves et se réveillent chaque matin, peu importe l’issue de leurs songes.

Mais certains enfants ne verront jamais le lendemain ni ne réaliseront leurs rêves parce qu’il y a un génocide dans leur pays. Reem, Hind, Sidra et Yazan. Tous ces bébés dont la naissance n’a pu être enregistrée.

Pour les survivant(e)s, on peut les aider à toujours croire en leurs rêves !

Et malheureusement, d’autres génocides/luttes sont en cours, ne laissons pas leurs rêves prendre fin !


L’homophobie ? Non merci !

On peut reprocher beaucoup de choses à Dawan mais pas le cran de ce papillon têtu. C’est rare d’avoir le point de vue de célébrités féminines ayant une petite amie ou une crush, tout en devant se cacher car elles sont shippées avec leur partenaire masculin par leurs fans.

Une réalité homophobe que j’ai peu vu, avec la crush ou l’amoureuse qui essaie de protéger l’actrice. Seulement avec Puenfay et c’était horrible. L’angoisse et la pression…

Je regarde aussi Design me beside you mais celle aux côtés de l’actrice n’a pas de solution pour l’instant.

Et en ce qui concerne notre cher papillon, l’impulsivité et l’audace de Dawan me plaisent beaucoup, elle n’en a rien à faire des conséquences 😂. 

En revanche, le validisme n’était pas nécessaire. Dommage avec cette vision positive sur la thérapie…


Puissent leurs rêves être paisibles et sans peurs.

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