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Re : Na mo Naki Sekai no End Roll (Half a Year Later) : une plongée dans les abysses

Cette critique va traiter du sequel du film The End of the Tiny World , une suite sous la forme d’un drama composé de trois épisodes. Il est disponible sur Viki.

Le script a été écrit et supervisé par l’auteur Yukinari Kaoru, toujours dirigé par Sato Yuichi.

Si vous êtes prêts à (re)venir dans les bas fonds de l’océan et peut-être y trouver des réponses, veuillez appuyer sur le bouton rouge.


// SPOILERS NOMBREUX //

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Feux d’artifices
Tombant comme les flocons
Transpercent mon cœur

Ce haïku raté est l’expression de mes sentiments au moment où la dernière scène s’est imposée : funeste, douloureuse et éclatante. Les feux d’artifices en hiver que Makoto avait promis à Yocchi, le bougre a effectivement tenu parole. L’objet nargue Kida qui comprend trop tard le plan caché de Makoto. Un réveillon inoubliable. Et Joyeux Noël !

Cela définit peut-être aussi ce que Kida a pu ressentir quand il a perdu la deuxième personne essentielle à sa vie. Son monde s’est littéralement écroulé quand les explosions des bombes ont retenti, désormais il est seul. Le seul porteur de la mémoire de Makoto et de Yocchi, de cette photo prouvant leur existence.

Désormais, Makoto a rejoint Yocchi pour lui donner la bague et aller de l’autre côté. Kida appuie sur le bouton pour que le feu passe au vert et laisse le couple avancer en sécurité. Il a perdu toute connexion avec le monde des humains, tout ce qui l’y reliait encore.

Prisonnier d’une plaisanterie de longue date qui s’avère finalement, être bien réelle.

// La scène du début avec le karaoké (prank explosion) est similaire aux couloirs de la première scène dans l’hôtel (Makoto appelle Kida qui est déguisé en père noël), c’est la dernière plaisanterie que lui jouera Makoto. Avec Yocchi, ils lui avaient indiqué une autre pièce (comme à la fin du film, un autre hôtel) et le surprennent avec une explosion (cotillons vs bombes) en apparaissant derrière lui (et à la fin, ils disparaissent comme des feux d’artifices en hiver, comme le souhaitait encore une fois Yocchi).//

Makoto, en se suicidant, laisse donc Kida pour seul gardien des souvenirs de Yocchi. A moins qu’il n’ait transmis ces derniers à une autre personne…


1.     La santé mentale ne s’arrête pas à la fin du monde.

6 mois après, on retrouve Kida. Il souhaite toujours rejoindre ses deux amours, mais la dépression l’enferme dans l’obscurité, une boucle infernale dont il n’est même pas sûr de vouloir s’extirper.

Ses yeux sont vides, la photo pliée, il est devenu pire qu’une ombre. C’est semblable à l’énergie de Makoto dans le film : il coule petit à petit dans les profondeurs de l’océan et n’ayant plus aucun but, Kida a de fortes envies suicidaires. Il n’est ni humain ni monstre ni dieu, impossible de retourner à une vie dite normale.

Par le biais d’une mission, il va se retrouver -ironiquement- sur le toit d’un hostess club avec des allures de fin du monde. Rue cachée et éloignée qui ne paie pas de mine entourés de commerces affichant la même impression. S’il saute, personne ne s’en souciera, Kida sera effacé à son tour. Et il en a parfaitement conscience. Seulement le sentiment de manque d’êtres chers est devenu si écrasant; qu’aucun être humain n’arriverait à le faire changer d’avis à cet instant précis.

Mais dans ce petit monde de ténèbres, il n’est pas le seul à occuper cette place.

Michiru, une apparition presque divine se découpant dans l’obscurité, l’interpelle brusquement. Visiblement, c’est aussi son spot de prédilection pour la fin de son monde.

Descend amateur, j’étais là avant toi 😠

On pourrait s’en tenir à une interaction “banale” entre deux individus pour qui la vie n’évoque que des souffrances et n’ont nulle part où aller. Jusqu’à ce qu’elle prononce des mots que Kida n’avait entendu que de la bouche de Yocchi. Drôle de coïncidence, provoquant sa colère, la douleur étant trop fraîche. Pourtant, Michiru est loin d’être une voleuse d’identité ni le genre à prendre le sens des mots à la légère.


2. Dépossession d’humanité par le biais du Voyage de Chihiro

Un des points les plus appuyés dans le film (et ce sequel) est l’importance de l’identité et à quel point il est aisé de l’usurper. 

Kida (Haku) est le premier concerné : peuplé de plusieurs identités (Yocchi et Makoto), ni vivant ni mort, il est en train de perdre son identité. Les personnes qu’il a connu et aimé, les écoles où il a étudié, son humanité. Par le passé, il a d’ailleurs accompli une mission pour acheter une identité et la remettre à Makoto. Observer qu’une personne n’ayant pas de permis pouvait en tuer une autre avec sa voiture parce que l’autre femme valait moins qu’elle. La première peut à sa guise se cacher dans l’ombre et vivre en triomphe le jour. Tandis que celle qui était en règle a été effacée de la surface de la planète. Tuée et abandonnée un peu plus chaque jour.

En devenant négociateur, il est destiné à exercer ce métier toute sa vie et vite devenu un membre respecté de l’organisation. Programmé à exécuter, être aussi furtif qu’une ombre et s’effacer progressivement.

Olala il fait trop peur

Il se retrouve face à une personne invisible comme lui qui, elle aussi, ne croit pas en l’existence de Dieu. Michiru (Chihiro) dépossédée de son identité par Kei (mix de Yubaba/Bô et le Sans Visage), qui n’est ni considérée comme une hôtesse ni comme une personne. Elle ne peut s’échapper car Kei pourrait s’en prendre à la seule famille qui lui reste. Tout comme l’héroïne de Miyazaki qui souhaitait rebrousser chemin avec ses parents de ce monde interdit aux humains, elle veut partir de ce club qui n’est pas le monde qu’elle croyait, et vivre avec sa petite sœur. 

Michiru est donc orpheline, prisonnière d’un monde terrifiant et inconnu, à la merci d’un contrat qui lui vole sa liberté et son propre nom dans l’espoir de ne pas disparaître (celui que Kei lui a donné est désormais Yoshika). L’esprit parasité et lourd sous le poids des envies suicidaires. Ce qui lui fait peur plus que tout est que personne ne l’a retrouve comme Yocchi avait la hantise d’être oubliée. 

Kida est donc devenu également le garant du souvenir de Michiru et non de Yoshika. S’il y a un souvenir, il y a encore une chance de pouvoir exister.

En quête d’identité, qui va t’elle devenir : Michiru, Yoshika ou un corps sans vie ? Il y aurait peut être une autre coïncidence, qui unirait Michiru et Kida sans qu’ils en aient conscience…


3. Les secrets de Makoto et la naissance d’un duo inestimable

Le bougre avait décidément plus d’un tour dans son sac. Même mort, il arrive à nous donner des leçons de morale. Ce que nous apercevons dans la série, c’est à la fois des flashbacks de Makoto essayant d’obtenir les faveurs du père de Lisa ainsi que, le peu de souvenirs que Michiru a de lui (ils se sont connus sous de fausses identités).

Une autre image de Makoto dont on avait eu un petit aperçu dans le film et qu’on ressent d’autant plus. Sa partie sombre qu’il doit activer, le désespoir qui l’habite. Mais également la petite étincelle d’empathie qui lui reste avec Yoshika.

I’m baaack \o/

Conscient du piège dans lequel elle est tombée, il lui conseille d’appuyer sur le bouton elle-même pour être en mesure de passer de l’autre côté. Appuie en détail sur les feux (la couleur rouge est toujours très présente). Il faut qu’elle agisse pour se sortir de cette situation désespérée mais seule, ce sera très compliqué et elle ne peut pas se permettre d’échouer. Alors appeler à l’aide un « dieu » en appuyant sur le bouton (la sonnette de Kida ou le payer pour qu’il négocie sa fuite) pourrait être une solution. 

Une référence à Yocchi qui insiste sur le fait que si quelqu’un avait appuyé sur le bouton du feu, le chien ne serait pas mort et un dieu aurait pu venir à son secours. 

Et c’est ce qui a enragé Kida : même en ayant appuyé, Yocchi est morte sans qu’aucun dieu ne l’ai secouru. Encore aujourd’hui, il est impuissant malgré ses efforts. Michiru se rend bien compte également qu’aucun dieu ne pourrait véritablement lui venir en aide.

Alors elle tente de s’affranchir par d’autres moyens : son humanité et sa joie communicative. 

Oui je suis un lead torturé

Tandis qu’il a choisi de devenir la bombe, elle comprend qu’il faut qu’elle amorce un changement à l’image du déclenchement de l’objet, de cette bombe. D’être vue, d’être remarquée. Elle essaye d’être le plus souvent possible dans le champ visuel de Kida, le fait petit à petit revenir à la vie en l’asticotant et lui jouant des tours. Il est agacé mais il l’écoute, Kida d’ailleurs ne juge pas la profession de Michiru. Il comprend. Kida va jusqu’à lui présenter la carte qu’elle avait glissée dans ses affaires pour qu’il se rappelle d’elle et de son secret.

Sir, you better watch your mouth

Elle est aussi dotée d’un fort caractère et ne se laisse pas avoir par l’attitude du mec cool de Kida (Michiru se serait vraiment bien entendu avec Yocchi 😭), elle le secoue et ne le lâche plus. Elle est attentive et ne se moque pas. L’emmène dans son refuge. // Matilda comme l’ancien nom du roman et fait penser à la suite écrite par le romancier mais qui se déroule cinq ans plus tard cette fois.//

On pourrait penser que c’est le genre passif mais comme Chihiro, elle devient courageuse au fil des évènements et prend les choses en main. Michiru pleure, désespérée et agit. C’est comme ça qu’elle sauvera Kida des hommes de main du hostess club. Qui lui viendra en aide à son tour pour empêcher Kei de lui faire du mal. Et elle lui permettra de retrouver le sens de son nom. De lui insuffler de l’espoir. Lui la libérer de ce contrôle malsain et peut-être un jour de se retrouver, ils sont sous le même ciel après tout.


4. Duos surprenants

Excepté Michiru et Kida ainsi que le trio anciennement formé par lui, Makoto et Yocchi, ce monde obscur fonctionne souvent par deux : Kida-le patron, le patron et son garde du corps, le patron et son ami, l’ami qui veut sauver un des ses acolytes chez Actress, Kida-Makoto, Makoto-le politique pourri, Makoto-Yoshika, Yoshika et sa sœur, Yoshika et une hôtesse.

Contrairement au film, il semblerait que ces formes aient réussies à s’équilibrer sans l’aide d’une troisième personne. Ce n’est pas parfait mais ils se débrouillent, tentent de recoller les morceaux. Il y a une entraide absolument précieuse et formidable malgré la situation dans laquelle ils sont pris, amis d’enfance ou non.

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Pfff je les aime trop.


Conclusion désastreuse

Cet article, c’est une forme de thérapie cinq ans après avoir vu pour la première fois le film puis la série. Je suis quelque peu déçue de ce que j’ai écrit, ayant pleuré d’émotion devant mes notes. Et revisionner le Voyage de Chihiro m’avait donné confiance en moi, trop peut-être. Si on y ajoute le fait que je ne pouvais pas prendre de screenshots pour le drama 😂.

Je ne vous demanderais qu’une seule chose : commencez par le film s’il vous plaît.

A bientôt j’espère ! 💗


Sources : https://youtu.be/OEXxe6uPAHw?si=tpGmItDsWpdg37vz

岩田剛典“キダ”、再び交渉へ…「Re:名も無き世界のエンドロール」場面写真 | cinemacafe.net

岩田剛典主演 dTVドラマ「Re:名も無き世界のエンドロール ~Half a year later~」特報映像&ポスタービジュアル&場面写真解禁! – Astage-アステージ-

Re:名も無き世界のエンドロール〜Half a year later〜 | 岩田剛典がんちゃんがめっちゃ好っきゃねん♡

Le Voyage de Chihiro — Wikipédia

Le Voyage de Chihiro | Wiki Films d’animation Japonais | Fandom

« Le voyage de Chihiro », le réveil de Haku – Média-Tarn

1 réflexion au sujet de “Re : Na mo Naki Sekai no End Roll (Half a Year Later) : une plongée dans les abysses”

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