Dramas, Lakorn

Girl from Nowhere The Reset : Let’s start again !

Aujourd’hui, je voudrais parler de la série thaïlandaise Girl From Nowhere : The Reset diffusée sur Netflix, elle se déroule dans un autre monde que celui de la saison 1 et 2, parallèle à eux. Cette Nanno ignore l’existence de la précédente Nanno et de Yuri, c’est une adaptation ré imaginée de l’œuvre originale, donnant une sorte de départ à Nanno et une nouvelle perspective.

De plus, il n’est pas absurde qu’une nouvelle actrice ait été choisie puisque Nanno est une entité pouvant arborer différentes apparences selon ses besoins.

Ps : S’il vous plaît, pas de haine envers Rebecca Patricia Armstrong, seulement des propos constructifs. De même pour Kitty Chicha Amatayakul (Nanno) et Chanya McClory (Yuri).


Le Royaume de Rebecca 

Dans cette alternative fictionnelle (malgré le manque d’originalité pour l’affiche ressemblant à celle de la saison 2), Nanno a été réinventée de la tête aux pieds. Générique moqueur et enfantin, accompagné d’éclaboussures de sang sur la pureté blanche de sa robe et sa traîne de sirène, des voiles rouges cachant son visage comme si elle était une marionnette sauf que c’est bien elle qui mène la danse. On l’a découvre petit à petit, fasciné, impossible de lui échapper : les innombrables toiles sont tissées, le sang éclabousse tout sur son passage et la marque de Nanno s’imprègne dans l’esprit de ses victimes.

Dans les écoles qu’elle a choisies, elle porte un uniforme en quelque sorte plus moderne : chemise cravate (même si l’og a aussi eu la cravate, l’aura est différente) et non plus le fin long nœud, jupe raccourcie, chaussettes plus longues et babies noires à talons hauts. Avec ses cheveux courts, une parfaite poupée. Personne n’irait se méfier d’une si petite créature angélique. Et pourtant, elle détonne parmi le lot des élèves.

Je ne sais pas comment cette Nanno a été écrite, si Miss Rebecca a improvisé, si tout avait été décidé d’une certaine façon ou devait coller aux critères des chaînes concernées… Ce dont je suis certaine, c’est qu’elle a réussi à devenir une autre Nanno et proposé sa vision, pas juste une pâle copie ou une ridicule tentative d’égaler la première interprète. J’avais toujours espéré qu’elle soit dans un registre horrifique car c’est là où ses compétences sont le mieux exploitées et mises en valeur. Où elle brille le plus.

Ici, elle a certes un rire tout aussi maniaque que Kitty Chicha Amatayakul. Mais ce n’est pas sa signature : c’est ses yeux et la façon dont elle est capable de les manier sans exagérer. Un véritable prédateur. Elle n’est pas imperturbable ni nonchalante ni presque à la limite de l’ennui à l’image des précédentes saisons. Elle s’amuse (littéralement) à la folie, testant les réactions des humains et les poussant au chaos. Petit sourire qui s’allonge, grand éclat de rire, candeur absolue, yeux qui feignent la surprise, la douleur et la terreur pour être en réalité l’instigatrice de leurs pires cauchemars. Un diable prenant un grand plaisir à les observer se déchirer. 

Celle-ci me fait penser à un mélange entre Nanno, plus sage et expérimentée, et Yuri, bébé démon prête à tout pour semer la souffrance et la mort. Elle apprend constamment au contact des humains et n’est donc pas à l’abri de commettre des erreurs elle aussi.


Impact et messages de ce renouveau

Si Rebecca Patricia Armstrong a été capable de l’incarner, ce ne fut pas toujours le cas des intentions du drama. 

A l’image du tableau de Dante et Virgile (peint par William Bouguereau en 1850), aperçu dans le dernier épisode, chaque cas/école ressemble plus ou moins aux Cercles de l’Enfer de Dante Alighieri. Jugés, placés et torturés dans l’un d’entre eux en guise de leurs méfaits. Nanno est le petit diable qui jubile devant tant de chaos et de fureur.

Elle donne le choix aux humains, ce qui a montré un premier épisode plutôt solide : celui de vivre ou de mourir, de faire subir les mauvais traitements à son bourreau ou de le pardonner. D’attiser la violence ou de trouver un terrain d’entente. La morale ne laisse la place à aucun doute et l’impact est aussi important visuellement que mentalement.

La victime a été libre de décider de son propre sort ainsi que de ceux qui l’ont tourmentés et poussés à disparaître. Les coupables ont reçu une leçon qu’ils ne sont pas près d’oublier. Ces atteintes graves ont été prises en compte et exposées aux yeux de tous. La mise en scène était cohérente et créative.

En revanche, dans le deuxième épisode qui démarrait avec de bonnes idées, s’achève avec deux messages très perturbants. Le premier est que les filles ne sont pas considérées comme des êtres humains, avec des désirs et la possibilité de consentir ou non. 

Je comprends bien ce qu’ils ont voulu montrer avec la fin mais ça reste finalement du voyeurisme et une grotesque publicité pour un certain produit. Les filles sont sexualisées alors que la volonté de Nanno et du groupe d’amies était à l’opposé de ce choix.

Deuxièmement, les coupables n’ont pas été punis ni la sexualisation des jeunes filles reconnue. Ce qui m’interpelle, c’est la colère des garçons. Elle ne pouvait et ne devait pas être comparée à celle des filles. Ils n’ont pas ce droit. Ils ont payé pour des photos et se sont fait avoir. Pour qu’au final, ni le système ni l’école n’aient été remis en cause. Le traitement de ce cas montrait plutôt bien ce que subissent les filles et la honte qui change de camp. Et évidemment, ils n’ont rien appris du tout de cette leçon (comme OffRoad, vraiment la honte). La série, elle aussi, s’écrase à son tour sur la fin en pensant avoir mouché tout le monde, entre humiliation des mères et publicité pour le dit produit.

En ce qui concerne le troisième épisode, j’ai dû lutter pour ne pas m’endormir, c’était du réchauffé avec pour seul karma, d’être déshumanisé en étant humilié nu. Assez récurrent dans cette saison d’ailleurs la nudité.. Non pas que ce soit une mauvaise chose mais l’écriture est mauvaise. Je ne vois pas de justification pour cette fin, sans doute utilisée pour révéler l’hypocrisie d’un personnage. Mais ça ne cause malheureusement aucun impact significatif.

Arrive le quatrième épisode s’orientant lui aussi sur les choix que nous faisons concernant notre propre corps, comment nous le montrons aux autres. Là, je pense qu’on revient au Cercle des Enfers et à l’épisode 2. Je ne suis pas fan de la fin (ni du traitement de Blossom, ni du fait que à nouveau ça tourne autour des garçons) mais ici ils ont beaucoup mieux souligner la stupidité, l’hypocrisie et la dangerosité du comportement des garçons, pensant pouvoir s’arroger du droit sur le corps des filles. 

Ils se battent entre eux et dévorent les différentes parties du corps de Nanno pour la posséder. C’est une simple supposition de ma part mais même si on ne le voit pas, cette scène ressemble à du cannibalisme. Le patriarcat, qui est dénoncé, profite toujours parfaitement aux garçons. Rien n’a changé et les personnages féminins, hormis Nanno, n’ont aucun réel pouvoir sur leur sort et leur corps.

Le cinquième épisode est un sujet d’actualité en Thaïlande, souvent traité d’une manière percutante (il ne faut pas se leurrer, les agressions sexuelles et les deep fakes aussi malheureusement, la plupart des cas sont inspirés de la réalité) : la corruption. Tout est lié : la politique, l’environnement, le milieu des élèves… Cependant, on voit la morale et le but des actions de Nanno à des kilomètres, c’était très ennuyeux. Dommage parce que les mots de Nanno reflétaient bien la situation. Bon au moins, on entendra plus parler des coupables.

Last but not least, l’épisode 6 ! Celui-ci a réveillé mon intérêt avec le fameux tableau de Dante et Virgile. Nanno est le petit diable et s’amuse des réactions choquées de Dante et Virgile, assistant derrière à un combat entre deux hommes fous de rage, se (mordant) battant à mort. Certes, elle profite du spectacle car décidément ces humains commettent et recommettent les mêmes erreurs jusqu’à la mort, mais comme dans l’épisode 1, elle leur offre la liberté de choisir et même de tout recommencer encore. Nanno leur a tendu plusieurs perches mais la cruauté va s’étendre au-delà de ce qu’elle avait imaginé.

Le travail d’écriture est beaucoup plus fourni, maîtrisé et dénonce la situation, personne n’en est sorti indemne. 


Nanno et son side kick humain

C’est probablement le choix le plus mauvais et le plus intelligent quand on considère la perspective offerte par l’épisode 6.

Girl from nowhere 1 et 2 ont jugé, puni et aidé toutes sortes d’individus, peu importe leur âge, leur statut ou leur genre. Un duo féminin puis un autre encore, tant de possibilités inexploitées.

Dans ce reboot, sous couvert de modernisme et de féminisme, on pense qu’une chance sera également offerte aux filles mais elles ne sont finalement qu’un tremplin pour faire briller leurs camarades masculins, même s’ils ont commis des actes criminels. Là au moins, ils se sont bien ancrés dans la réalité, tout tourne autour des hommes.

Nanno pensait avoir parfaitement la situation sous contrôle, dans son scénario, aucun imprévu. Sauf que les comportements imprévisibles chez les humains, c’est plutôt monnaie courante. Ça a montré une partie de Nanno presque inédite (on peut la retrouver dans les saisons originales mais c’est moins marqué) : la sensation de perte, la vulnérabilité et l’impuissance.

Ce qui pourrait expliquer cette création de backstory pour Nanno et la rendre potentiellement plus redoutable dans – visiblement – une saison 2 ?

J’ai beaucoup aimé comment Miss Rebecca a joué les dernières scènes, ça c’est que j’appelle de l’impact.


Pour conclure, je serais très curieuse pour une suite mais je ne me réjouis pas trop vite, étant donné la faiblesse du scénario et la façon dont Miss Kitty et Chanya ont été éjectées.


Crédits :

รีเซ็ตทุกภาพจำ! เบ็คกี้ อาร์มสตรอง กับบทบาท ‘แนนโน๊ะ’ ในจักรวาลใหม่ ‘Girl from Nowhere the Reset’ 

Instagram

Dante et Virgile de Bouguereau : analyse de l’oeuvre en détails

Cercles de l’Enfer — Wikipédia


A bientôt pour de nouveaux articles !

2 réflexions au sujet de “Girl from Nowhere The Reset : Let’s start again !”

  1. bonjour, comment vas tu? j’ai vu passer cette série mais j’avoue que je ne m’y suis pas attardée. j’ai déjà une liste à voir énorme… je ne sais pas si je la finirai un jour lol. passe une belle soirée et à bientôt!

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