Dramas, Dramas japonais

Viral Hit : Un uppercut assourdissant đꤛ

Quelques mois plus tôt, je n’aurais pas parié sur celui-ci, trouvant l’idée stupide et qui n’aboutirait sur rien de concret. Ca faisait trop “coréen” pour moi alors que j’aime beaucoup ce type d’histoires (j’ai toujours aussi hâte de commencer Weak Hero d’ailleurs !). Mais la déception successive des kdramas essuyée ces dernières années me mettait de sale humeur. Bon… Passer après la bande annonce de Straight to Hell n’a clairement pas aidé.

écrit par Taejun Pak and dessiné par Kim Junghyun

Si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que le drama japonais a Ă©tĂ© suffisamment bon pour que je ne puisse pas me sortir une certaine petite bande de la tĂŞte et me donner envie de dĂ©couvrir le webtoon Ă  l’origine de cette adaptation !


Le sang des perdants

La force première de Viral Hit, c’est de savoir montrer la laideur de la rĂ©alitĂ© : tout est sombre, sale, piĂ©tinĂ©, ensanglantĂ©, bruyant, ça prend de la place, c’est gorgĂ© d’humiditĂ© et de harcèlement.

Rien n’est enjolivĂ©, plus c’est douloureux, misĂ©rable et pathĂ©tique, mieux c’est. On ne fait pas semblant autant avec les poings qu’avec le cĹ“ur. Et mĂŞme les vives lumières ne peuvent tromper la rĂ©alitĂ©.

Le héros, Shimura Kota, sert de défouloir aux plus puissants de l’école. Fut un temps, il a eu des amis. Désormais personne n’ose être à ses côtés; bien trop effrayés de servir de repas suivant aux requins.

Le monde, – son monde – a toujours fonctionnĂ© de la sorte, la seule façon de s’en sortir, c’est d’imposer sa propre logique. Que les bagarres oĂą il est une cible rĂ©currente rapportent de l’argent via les live streams. Après tout pourquoi pas, on ne voit jamais d’adultes intervenir, Ă  croire que le sort d’Ă©lèves tabassĂ©s ne les intĂ©resse pas. Pourquoi Ă©couter des adultes les juger sur leur avenir mais ĂŞtre perçus comme une gène en retour ?

Pour l’accompagner dans sa quĂŞte de yen trĂ©buchants, il lui faut un producteur et un Ă©diteur pour se lancer. Parce qu’en plus d’ĂŞtre en bas de l’Ă©chelle sociale, il n’y connait absolument rien en streaming. Il est clair qu’un homme farfelu avec un masque de coq ne sera pas la solution miracle. Mais bien Ă©videmment, il ne sera finalement pas tout seul dans cette aventure loufoque…

Shimura va se retrouver avec deux profils très Ă©tonnants (vraiment ?) : Kanegon (le kamen rider vert) un de ses harceleurs fĂ©tiches et Aki chan (la kamen rider jaune), un an plus jeune que les garçons. Le premier se retrouve brimĂ© Ă  son tour et exclu, la deuxième reste chez elle, elle aussi tourmentĂ©e par ses camarades de classe. Autre point commun, ils sont unis par l’espoir et l’adrĂ©naline que leur a procurĂ© Shimura par le biais des vues sur la baston d’origine (de pacotille), qui a lancĂ© ce phĂ©nomène incontrĂ´lable.

Plus on est de fous, plus on rit !

La rĂ©alitĂ© n’est effectivement pas très reluisante car Shimura, Kanegon et Aki chan sont loin d’être parfaits. Ils sont bourrĂ©s de dĂ©fauts et suivent leurs propres règles. On ne nous force pas Ă  les apprĂ©cier, peu importe Ă  quel point leur back story est Ă©mouvante. Rien ne justifie la violence ni les Ă©tats d’âme de chacun dĂ©cidĂ©ment très brutaux. On ne reste pas dans la case gentil-mĂ©chant, ce sont des ĂŞtres humains qui ne prennent pas forcĂ©ment les bonnes dĂ©cisions mais dans le mĂŞme temps, ils apprennent Ă  se connaĂ®tre eux-mĂŞmes. C’est ce qui les rend attachants, leurs imperfections, leur fragilitĂ© qu’ils essaient de cacher, leur dĂ©couverte de l’amitiĂ© et de l’amour sincère. 

A eux trois, ils vont créer Viral Hit, une chaîne de streaming qui deviendra un lieu où ils peuvent exister, leur refuge, leur raison de vivre.

La faire grandir ne va pas être une mince affaire, ils vont s’y efforcer tous les jours, malgré les obstacles qui se dresseront devant leur route.

Justement, ils ne vont pas devenir les meilleurs en un instant et ça permettra d’accroĂ®tre leur crĂ©dibilitĂ© en plus de leurs capacitĂ©s.

Mais ils ne sont pas tout seuls dans l’arène…

A chaque dresseur combattant, sa méthode

Se battre contre le bully de sa classe est une chose, affronter des plus gros poissons dans l’océan en est une autre. Certes, il n’y a pas de règles établies mais le monde réel pourrait en broyer plus d’un, personne n’est à l’abri malgré leurs atouts.

Mon opposant préféré, c’est un de ceux qui leur a permis de comprendre l’importance de leur trio et de l’existence de leur chaîne, à devenir plus courageux tout en montrant et acceptant leurs propres faiblesses, de réellement s’amuser et de devenir de meilleures personnes.

Cet antagoniste (le kamen rider violet), comme la plupart des attaquants, est réputé pour sa cruauté. Pourtant, même sans sa back story, je ne voyais pas un psychopathe.

Ce qui transparaît ici, ce sont les adultes ayant créé une plateforme adressée aux jeunes, où la violence est également verbalement intense. Ils se font de l’argent sur le dos de ces adolescents et les poussent au désespoir. Que ce soit pour l’influence, les combats ou n’importe quelle création de contenu.

Ils baignent dans le mensonge et volent le contenu ainsi que la vie de ces jeunes qui se sont donnés entièrement à cet exercice, devenu plus qu’un passe temps mais un véritable métier.

Les adultes manigancent dans l’ombre et effacent les adolescents de la même façon, les adultes font semblant de n’avoir rien vu et reportent la faute sur eux par tous les moyens.

Ils les usent jusqu’à la corde et les jettent dans le caniveau. 

Alors que ce soient des gamins qui finissent par s’unir et rendent la monnaie de leur pièce à leurs agresseurs, c’était excellent !! Encore mieux quand ils bottent les fesses des adultes. Et quel rythme !

En piste !

Certes, la rĂ©alitĂ© n’est pas très rigolote mais au niveau de la rĂ©alisation, ils n’ont pas laissĂ© la fatalitĂ© s’appesentir sur l’Ĺ“uvre. On se croirait dans un rĂ©el live streaming : visuellement c’est immersif, on est balancĂ©s d’une scène Ă  l’autre, les combats sont plutĂ´t crĂ©dibles, on apprend plein d’astuces sur ces derniers et c’est très amusant ?!

Au dĂ©but, la violence verbale et physique m’ont fait du mal. Ce n’est pas non plus le plaisir coupable de voir les victimes se venger de leur bourreaux qui m’a plu. C’est que leur enthousiasme et leur rage de vivre sont tellement communicatifs, comment ne pas encourager ces trois inconscients ?

C’est le deuxième point fort de cette sĂ©rie, il est crucial pour optimiser chaque instant, chaque espace, chaque coup portĂ©. Pour mettre en valeur cette ferveur.

Et portĂ©e par une ost de choc, bien Ă  l’image de ces fous furieux !

Plus jamais seul(e)s

Le troisième point fort et pas des moindres, c’est la dynamique entre les personnages et la façon dont le casting l’a interprété à l’écran.

Il fallait absolument (pour moi en tout cas) un casting solide qui ait de l’expérience autant dans la comédie que la tragédie, qui puisse se jeter dans la mêlée sans hésitation et faire tourner les évènements à leur avantage.

Suzuka Oji et Mikami Ai Ă©taient deux choix plus que appropriĂ©s, j’ai tellement ri quand le personnage de Kota rĂ©plique avec humour alors qu’on s’attend Ă  ce qu’il s’enfonce misĂ©rablement dans le sol, quand Aki chan prouve qu’elle a tout Ă  fait sa place dans le groupe et remotive les troupes. 

Sugou Araki ne me disait rien sauf sa verbe qui m’était familière avec cet air déterminé et presque fou ? Connu ou pas, c’était le Kanegon qu’il nous fallait !

Mais le trio a bĂ©nĂ©ficiĂ© de sacrĂ©s soutiens, impossible de gagner sans eux ! 

Nukumi Meru m’a bluffĂ©e en tant que Asamiya ! Je pensais que la kamen rider rose ferait simplement office d’intĂ©rĂŞt amoureux (mĂŞme crainte pour Aki chan). Heureusement, on a fini par se dĂ©gager de l’égo encombrant et pas très utile des hommes pour laisser les femmes s’affirmer et se battre, peu importe les moyens utilisĂ©s.

Hamao Noritaka, malgré de petites apparitions, a attiré la lumière à lui en tant que Ogi. Je voulais tellement en savoir plus sur lui ! Pareil pour Logan (Michael Keida) et le kamen rider violet (Maeda Kentaro a fait des progrès !) ou Rumi (Asakawa Nana), c’est là qu’on sent malheureusement la compression importante des arcs du webtoon d’origine.

Pour conclure, malgrĂ© ce dĂ©faut, la sĂ©rie a rĂ©ussi Ă  montrer Ă  l’Ă©cran toute l’humanitĂ© qui se dĂ©gage de cette histoire et de ses leçons enseignĂ©es.


Quelle chouette équipe, je veux les revoir tous ensemble ! Donnez-nous une saison 2 s’il vous plaît et plus d’épisodes !

A bientĂ´t !

Votre commentaire