Lakorn

Skate our Souls ou un cri d’alerte sur l’importance de la santé mentale

Cet article va traiter de plusieurs sujets difficiles à savoir la dépression, les scarifications et les pulsions suicidaires, qui peuvent susciter de vives émotions et réactions. Si vous êtes dans ce cas là ou que vous y êtes sensibles, je vous déconseille de lire cet article. Prenez soin de vous et n’hésitez pas à demander de l’aide ❤

-Envoi d’ondes positives-

La première fois que j’ai regardé ce lakorn, c’était il y a un an et demi,  j’avais visionné comme à mon habitude plusieurs fanvidéos de ce drama (avec la chanson de Jameson Nathan Jones  »What Dreams May Come Beautiful Emotional Atmospheric Music » qui me fait fondre en larmes à chaque écoute) et je me suis finalement décidé à le commencer. Le visionnage a été pénible: je suis passée par une foule d’émotions en particulier par les larmes étant hypersensible. Je ressentais la douleur de Boo comme si j’y étais et je trouvais ses souffrances familières bien que n’ayant pas de dépression.

Arrive donc le mois de mars de cette année ou on m’a diagnostiqué une dépression juste avant mes derniers examens. Autant vous dire que j’étais très mal et que je pensais échouer pour ces derniers en remettant mon existence en question.

Je l’ai visionné de nouveau pour essayer ensuite d’en ressortir une critique ainsi que d’exprimer ce que je ressentais. Honnêtement, ça n’a pas été une idée très sensée car je m’identifiais beaucoup trop au personnage principal et ça m’était insupportable. Néanmoins, ce lakorn a eu plusieurs bienfaits: m’aider à garder la tête hors de l’eau et avoir un but sans se mettre la pression, que non ce n’était pas une honte et que j’avais le droit de demander de l’aide.

Skate Our Souls, c’est un lakorn (série thailandaise) de 8 épisodes relatant l’histoire de Boo, un élève dont les résultats scolaires sont peu encourageants et venant d’une famille stricte. Cependant, il souffre depuis un long moment d’une dépression et n’ose en parler à personne, ce qui va l’amener à s’automutiler. De plus, il a très peu d’appétit et ne dort pas bien. Un jour, il décide de se suicider mais son plan est avorté par l’arrivée d’un groupe de skaters, menés par Simon et Fern, qui vont l’encourager à les rejoindre. Est-ce que Boo pourra surmonter sa dépression et toutes ses peurs?

Skate Our Souls est le 3e volet de Project S The Series après Spike (basketball) et Side by Side (par le biais du badminton, il traite de l’autisme), il renouvelle l’exploit de ces deux prédécesseurs et s’inscrit dans une démarche inclusive. Les trois séries se basent sur un sport chacune mais par ce biais là, elles abordent des thématiques beaucoup plus complexes et douleureuses, qui nous interrogent sur le sens de la vie, quelque chose de plus profond comme le fait que ces jeunes vont apprendre à s’accepter et à être accepté, à trouver leur place et un but pour que leur existence soit plus supportable, à continuer à avancer.

Ce troisième volet est bien plus sombre car il traite de la dépression de façon appropriée, sans jamais tomber dans la caricature ni dans une vision manichéenne. C’est une histoire unique et pourtant la plupart des personnes l’ayant vue se sont reconnues à travers le personnage de Boo ou par les sentiments/souffrances que ce dernier a ressenti.

Des personnages interprétés à la perfection:

Ce lakorn est une merveille tant par son scénario que par ses acteurs qui brillent par leur jeu excellent et leur alchimie incroyable. C’est typiquement le genre d’histoire ou on n’a pas envie de quitter les personnages car ils forment à eux seuls une bande d’amis formidable et attachante.

Boo (James Teeradon Supapunpinyo)

Boo, c’est le personnage principal qui souffre d’une dépression depuis plusieurs mois si ce n’est plus. C’est un adolescent de 17 ans auquel on s’attache très rapidement, d’allure fragile, les traits du visage tirés et qui malgré sa maladie, essaye de s’en sortir et de vivre au lieu de survivre. Il va apprendre à se défendre par lui même et se battre pour ce qui l’anime: le skateboard. C’est un acteur que j’avais découvert dans la troisième saison de Hormones (la 1ère saison était le premier lakorn que j’ai visionné) et j’avais hâte de le voir dans d’autres séries/films. Sauf que pour la suite, je ne m’attendais clairement pas à ça. On sent qu’il s’est vraiment investi pour ce rôle et son interprétation m’a donné la chair de poule. Après SOS, il a joué des rôles très différents les uns des autres en étant capable de nous faire passer du rire aux larmes, c’est un acteur versatile qui est excellent à chaque nouveau projet.

Simon (Toni Rakkaen)

C’est un personnage totalement imprévisible, tantôt agaçant, tantôt sarcastique sans être antipathique. Il incarne un skater très (voir trop) sûr de lui, très charmeur et plaisant beaucoup à la gente féminine. Il a plusieurs clichés en tête sur la dépression qui vont être déconstruits au fur et à mesure que son amitié avec Boo se consolidera. Son interprétation est elle aussi impressionnante et nous fait passer par une foule d’émotions; il est aussi attachant qu’exaspérant. Autre point assez futile mais qui m’a beaucoup surprise: cet être humain avait 35 ans au moment de la diffusion de ce lakorn mais je croyais qu’il avait 25 ans maximum 😀

Bell (Pat Chayanit Chansangavej)

On pourrait croire que le rayon de soleil de ce drama serait le personnage de Simon mais pour ma part, je pencherai plutôt pour Bell. Elle est étudiante en psychologie et va aider Boo tout au long du drama avec qui elle aura une relation plutôt comme une grande soeur et son petit frère. Sa présence, son sourire joyeux, sa vision de la vie rassurent et encouragent autant Boo que nous les spectateurs devant toute cette détresse et ces souffrances mises à nues. J’ai découvert cette actrice brillante dans ce lakorn mais depuis, je me suis bien rattrapée! C’est une actrice qui excelle dans tous les genres et qui m’a beaucoup émue dans Skate Our Souls.

Coup de ❤ pour cette actrice

Fern (Praew Chaisang Narupornkamol)

C’est la sœur de Simon et son complet opposé, elle a la tête sur les épaules et s’occupe du magasin qu’elle tient avec son frère. Une jeune femme mystérieuse au premier abord, pas réellement prête pour le soutenir mais qui va se révéler être un soutien de poids auprès de Boo. Si elle n’était pas venue dans son école, Boo n’aurait peut être jamais fait de skateboard et son destin serait complètement différent. C’est une actrice que j’ai également découvert dans Hormones 3 et plus récemment dans Bangkok Love Stories 2, j’aime son jeu mais je trouve qu’elle méritait une histoire plus intéressante dans BLS 2.

Père de Boo (Phollawat Manuprasert)

Le père de Boo, un homme intransigeant et bourré de préjugés qui malgré les apparences, aime son fils. L’acteur comme dans tous les lakorns que j’ai pu voir joue très bien et j’ai détesté son personnage si fort! Néanmoins, il va s’adoucir et faire des efforts pour Boo.

Rentrons dans le vif du sujet (et ça ne va pas être de la tarte!)

Skate our souls aka S.O.S (littéralement un appel à l’aide et on va vite s’en rendre compte tout au long de cette série) est un drama tranche de vie, doté d’une histoire plutôt simple comparé aux lakorns en général. Par exemple, on peut observer que Boo a comme unique famille son père, exerçant dans un domaine tout ce qu’il y a de plus classique et non un mafieux s’amusant à assassiner la moitié des personnages avant la fin de l’histoire. Sa mère et sa grand-mère sont décédées de mort naturelle et non tuées par un clan ennemi ou parce que le père en aurait décidé autrement. C’est un lakorn qui sort de l’ordinaire en abordant des sujets tabous (dépression, santé mentale, suicide, scarifications…) mais qui ironiquement traite du quotidien de nombreuses personnes.

La dépression peut toucher n’importe qui: peu importe votre genre, votre âge ou votre profession. Dans le cas de Boo, elle se caractérise par des troubles du sommeil, incapacité à se lever, perte d’appétit, scarifications, des hallucinations, perte d’intérêt pour de potentiels loisirs, se trouve laid, des difficultés à rester concentré notamment en classe et à intéragir avec les autres, pensées suicidaires.

La première scène et donc la première apparition de Boo permettent de mettre en place rapidement les éléments significatifs de ces souffrances, on se demande pourquoi il souffre en silence, pourquoi il ne demande pas d’aide et comment il gère sa maladie. Pour avoir les réponses à ces questions légitimes, il faut se replacer dans le contexte.

Boo est totalement seul, il n’a pas d’amis, sa mère et grand-mère sont décédées et son père est peu présent accaparé par son travail. Bien conscient de son état, il réfléchit aux possibilités qui s’offrent à lui: en parler à des camarades qui voient la dépression comme une maladie dite de hipster se plaignant sur Twitter, à son père qui pense qu’être dépressif c’est être très triste ou aller voir un psychologue sauf qu’il n’est pas majeur et a besoin de l’approbation de ce dernier.

Il va essayer plusieurs activités pour retrouver sa joie de vivre mais ce n’est pas la bonne solution. Boo va arriver à un point terrible ou il va se scarifier car c’est le seul moment ou il ressent des émotions, il se sent vide et impuissant face à ses souffrances.

Retour à la case départ.

Fern rentre en scène!

Cependant, Boo va faire une rencontre décisive: celle de Fern, venue faire des repérages dans son école. Certes éphèmère, elle va attirer son attention et mener à une autre rencontre tout aussi importante.

Quelques heures plus tard, à la nuit tombée, Boo est toujours sur le toit de l’école contemplant une note qu’il vient d’obtenir et ça ne va pas du tout. Heureusement, Simon le frère de Fern et les autres skateurs (Dong, Jasper, Um) arrivent à ce moment précis sans savoir que Boo est présent. Ces derniers sont venus pour faire des figures de skate (des tricks en anglais) et filmer leur progression. Curieux, Boo va les observer et Simon va lui proposer de faire un pari pour gagner un skate. Bien entendu, le deal de Simon n’est pas du tout honnête et Boo va s’enfuir avec le skate en voyant le garde de nuit arriver à leur hauteur.

!SPOILER!

Une première scène de tentative de suicide va avoir lieu dû au fait que Boo a caché son skate à l’école (pour que son père ne le trouve pas) et que ce dernier a été volé par un camarade. Va s’ensuivre une scène qui sera filmée puis retransmise sur facebook (cyberharcélement) qui va acculer Boo.

!FIN DU SPOILER!

Ce skate va amener Boo à effectuer une recherche sur internet « Does skateboarding help cure depression? » et littéralement bouleverser sa vie.

[J’ai effectué la même recherche pour voir si le skateboard était une éventuelle solution. Je suis tombée sur des articles très intéressants de personnes qui expliquaient que la pratique du skate pouvait rendre dépressif parce que c’est un milieu assez dur, ou une blessure mettrait fin à toute possibilité de carrière. Mais le point qui nous relie à Boo est que des personnes dépressives expliquent que oui le skate a été salvateur pour eux et leur a permis de s’en sortir. Des êtres qui sont allés jusqu’à la scarification, qui n’étaient pas sûrs d’arriver à rester en vie et souffraient énormément. L’article le plus significatif est une interview de Jim Bates qui a souffert toute sa vie de cette maladie (par VICE) et est devenu skateur professionnel, il a également dessiné et écrit un livre pour enfants (l’histoire d’un petit garçon timide qui a des difficultés à intéragir avec les autres donc il décide de s’habiller en dinosaure pour faire du skate). Petit rappel, pratiquer un sport (de préférence que vous aimez) peut aider à occuper votre esprit puisque la dépression est une des conséquences du ralentissement de votre activité cérébrale. Cependant, ce n’est pas la bonne solution pour tout le monde et pour la plupart des personnes, ils ont besoin de médicaments adaptés en complément d’un suivi avec un psychologue et /ou psychiatre.]

Après cette recherche décisive, Boo prend la décision de se rendre à l’hôpital et demander de l’aide, il a besoin d’y voir plus clair et va tenter d’obtenir des réponses. En y arrivant, une troisième personne va rentrer dans sa vie de façon impromptue: Bell, une étudiante en psychologie et qui va tenter du mieux qu’elle peut de répondre à la question mentionnée plus haut.

Le pays du sourire face à la dépression

La Thaïlande est un pays faisant partie de l’Asie du Sud-est connu pour ses paysages magnifiques, ses stations balnéaires, sa monarchie et sa religion qui est le bouddhisme.

Mais qu’en est-il pour la santé mentale ?

La dépression a longtemps été perçue comme une faiblesse, une maladie moderne qui tranchait avec les valeurs traditionnelles du pays, que seuls «les fous» avaient besoin de consulter un psychologue ou un psychiatre (il est mal vu de s’abaisser à demander de l’aide). La santé mentale est entourée par des clichés et des idées préconçues qui stigmatisent les personnes touchées par la dépression, l’anxiété ou encore par d’autres troubles mentaux.

Contrairement à la santé physique, on ne peut pas aisément deviner qu’une personne souffre car elle-même peut se dire que c’est juste passager ou parce qu’elle aurait peur d’être jugée, de ne pas être soutenue. Ce sont pourtant des douleurs bien réelles et qui ne sont pas discutables, cela peut donc avoir un impact considérable sur les efforts de prévention et de la prise en charge des patients.

2017 a été l’année en quelque sorte de la reconnaissance de la dépression: l’Organisation mondiale de la santé (WHO- World Health Organization) choisit un thème chaque année pour le faire connaître et pour sensibiliser le public. Pour cette année, elle a décidé que ce serait la dépression et a posté entre autre cette vidéo qui illustre bien ce sujet de santé et encourage les personnes dépressives (jeunes et moins jeunes) à demander et à recevoir de l’aide, montre que leurs souffrances sont valides et qu’ils ne seront pas rejetés.

Le hasard faisant bien les choses, le drama a été diffusé du 9 septembre au 25 novembre 2017 tous les samedis soirs, sur GMM25 et Line TV ainsi que sur la chaîne Youtube officielle de GTH (studio qui a produit entre autres Bad Genius, Homestay et plus récemment Friend Zone) ce qui a permis d’exporter ce lakorn à l’international avec l’ajout de sous titres anglais. Il a été également produit par Nadao Bangkok et Hub Ho Hin Bangkok.

SOS est un programme destiné aux personnes âgées de plus de 13 ans dû au fait des sujets évoqués et adresse ensuite un message que je ne peux malheureusement pas traduire mais un numéro a attiré mon attention. C’est le 1323 (Thai Mental Health Hotline) qui est un numéro mis en place pour venir en aide aux personnes qui ne souhaitent pas voir un psychologue, qui ont besoin de soutien rapidement, pas assez de moyens financiers ou tout simplement parce qu’il n’y a pas de professionnel de santé qualifié proche de leur zone d’habitation.

Programme dédié aux personnes de 13 ans et +
Thai Mental Health Hotline

Plusieurs articles et témoignages ont contribué à la libération de la parole après cette série et ont permis de dévoiler que 1 million d’adolescents comme le personnage de Boo souffraient de dépression ce qui peut mener à des tentatives de suicides ou à se scarifier. Bien que cette situation est de mieux en mieux prise en charge par le gouvernement (grâce également au WHO), la plupart de ces jeunes n’iront pas se soigner à cause des jugements négatifs portés sur ce trouble et parce qu’ils n’ont pas tous accès aux soins (que ce soit mental ou physique d’ailleurs).

SOS est l’exemple même que la pop culture peut influencer positivement les consciences et une société tout en les sensibilisant: avant elle, peu de séries avaient traité ce sujet avec autant de justesse et de surcroît avec des adolescents. Les seuls exemples qui me viennent en tête avant 2017 sont évidemment Hormones (un des meilleurs lakorns sur les relations entre ados sorti en 2013) et Wai Sab Saraek Kad en 2016 (une psychologue qui va venir en aide à des élèves menacés d’exclusion et c’est pas mal du tout!). Après 2017, d’autres séries comme The Judgement, The Effect, The Gifted ou encore Girl from Nowhere traitent pour la plupart de traumatismes, de harcèlement, de la santé mentale et c’est une avancée positive quand on voit comment les séries thaïlandaises sont autant en accord avec les obstacles que rencontrent les jeunes.

Comment SOS est devenu un exemple en terme de représentation de la dépression?

Premièrement par la réalisation: Pat Boonnitipat, jeune réalisateur thaïlandais ayant déjà travaillé sur le tournage de Hormones (tiens tiens) a crée avec des scénaristes une œuvre dingue et qui pourtant ne tient qu’en huit épisodes seulement, en mêlant dialogues, couleurs et musique appropriés.

La musique ne nous prépare absolument pas à la première scène: une ost digne des années 80, dynamique, presque psychédélique. Cela débouche sur un plafond, on a l’impression de flotter dans l’eau et tout est paisible, on aperçoit des messages d’encouragements et des photos de famille jusqu’à ce qu’une sonnerie stridente nous assaille pour nous montrer un réveil avec une heure bien précise. 6h57. C’est l’heure à laquelle se réveille tous les matins notre protagoniste et finalement la caméra nous autorise à le voir. On peut distinguer les premiers signes de mal être sur son visage épuisé puis par ses explications.

Pour qu’on ressente encore plus ces souffrances, nous allons être confrontés à ce rituel avec la caméra (l’eau, au fait d’être vide, le plafond, les photos, le réveil) et surtout par les couleurs. Toutes ces couleurs qui paraissent oppressantes sont en réalité comment Boo perçoit son environnement et ça en dit long sur son comportement. La plupart des films ou séries qui traitent de la santé mentale, pour ne prendre que cet exemple là, ont plusieurs scènes en rapport avec l’eau, c’est en général traité de façon négative mais j’approfondirai ce point dans le prochain article 🙂

Deuxièmement par le scénario: Bien que quelques scènes aient lieu à l’intérieur du lycée de Boo, ce n’est pas un drama scolaire. J’ai trouvé très intelligent de montrer l’évolution de Boo et ce qu’il ressentait dans un autre cercle, dans une autre société que l’école, à savoir ce groupe de skaters. La dynamique de ce groupe non conventionnel est totalement à l’opposé du lycée ou les règles sont strictes et permet à Boo d’apprendre des autres pour apprendre de lui-même, de devenir indépendant, d’appartenir à un groupe qui l’aime et le respecte.

Ensuite, la question du cyber harcèlement sur facebook comme il est coutume de le voir sur ce type de dramas, a été rapidement évoqué. Tous les lakorns quasiment passent par cette scène ou un des personnages (voir plusieurs) sont harcelés sur des statuts facebook, tout simplement parce que c’est le réseau le plus utilisé et le plus populaire en Thaïlande suivi de près par Line. Cela permet également d’expliquer comment un personnage peut sombrer et se renfermer sur lui-même (petite pensée au personnage de Toey dans Hormones L ).

Egalement le fait qu’ils ne se soient pas concentrés sur la religion (à savoir le bouddhisme) qui n’a pas été utilisée comme prétexte pour anéantir encore plus Boo et le « soigner ». La Thaïlande est un pays très croyant et qui accorde beaucoup de respect au bouddhisme, à tout ce qui leur a été transmis. Il est vrai que beaucoup de personnes ont été «invitées» à prier pour se débarrasser de leur dépression, qu’ensuite ils iraient beaucoup mieux et qu’ils ne seraient plus malades. C’est une idée préconçue qui certes est toujours présente mais les mœurs ont évoluées, le public est plus enclin à la bienveillance et se mobilise pour aider les personnes concernées.

Troisièmement par son réalisme et l’investissement personnel des acteurs:

Instagram: chayanitpat

C’est littéralement une des meilleures et pertinentes représentations de la dépression que j’ai pu visionner: elle a permis de sensibiliser le public pour dire que la santé mentale est autant importante que la santé physique et de montrer que n’importe qui peut être touché. C’est un lakorn avec un thème sombre mais rempli d’amour et d’espoir qui ne cache aucun aspect de la dépression même les plus terrifiants.

Par exemple, pour un individu qui ressentirai les mêmes souffrances que Boo, ça pourrait peut être l’encourager à demander de l’aide ou à être soutenu. Parce que la dépression, c’est une incessante bataille contre soi même et c’est épuisant. 

Le parcours de Boo est réaliste puisqu’il hésite à appeler à l’aide bien que souffrant énormément et il va réussir à consulter un psychologue. Le vocabulaire médical est clair, explique bien ce qu’est la dépression et Pat Chayanit était très convaincante.

Pour Simon, son évolution est à l’image du drama: un lakorn inclusif qui prouve qu’il est possible de s’émanciper de certains clichés et de les déconstruire. Par sa relation avec Boo, il a beaucoup appris sur lui même et est devenu plus fort.

Pour le personnage de Boo, l’acteur James Theeradon s’est beaucoup investi pour le rôle (perte de poids, s’est informé sur la dépression…) à tel point que pendant trois mois après le tournage, il est presque tombé lui-même en dépression…

Je vous mets ci-dessous une vidéo (ainsi que la première partie sur 5 où tous les acteurs de Project S the series parlent de leurs expériences et les behind the scenes) où justement il en parle si ça vous intéresse et un message qu’il a publié sur son twitter à la fin de la diffusion du lakorn.

10min50 à 12min50 pour SOS
Twitter: @jamyjamess 1/3
Twitter: @jamyjamess 2/3
Twitter: @jamyjamess 3/3

Avant de conclure, je voulais juste vous présenter brièvement l’ost principale qui est tout aussi folle que le générique 😀 Le titre, c’est บินถลาลม (Bin Talah Lom)” par le groupe the Richman Toy (en anglais « Fly Into The Wind ») et c’est une chanson qui nous encourage à avancer malgré les difficultés et à se relever pour voler et être libre.

Petit mot de fin si vous avez survécu jusqu’ici:

La santé mentale a été un tabou dans le monde pendant des années et dans certains pays (que ce soit la Thaïlande ou la France), certains clichés sont encore persistants. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire « je ne vais pas bien mentalement » à part des personnes considérées comme folles et c’est très choquant. Que ce soit physique ou mental, les deux doivent être pris au sérieux. Mettre des mots sur des maux permet de ne pas les oublier mais sans non plus les enfermer dans une catégorie, de pas invalider les souffrances et sentiments des individus concernés, que ces maux soient visibles aux yeux de tous pour mieux les sensibiliser.

SOS, c’est une série unique avec des acteurs fantastiques et très attachants qui sont devenus amis dans la vraie vie et qui, en huit heures, m’ont fait passer de la colère, au rire et aux larmes.

SOS c’est un appel à l’aide, une bouteille à la mer mais également un appel, que dis je une ode à l’amitié, à l’amour, à l’espoir!

SOS, c’est peut être une série auquelle vous vous identifierez ou quelqu’un qui vous fera penser à Boo, qui sait…

PS: Ce lakorn a été adapté dans une version chinoise mais mon cœur n’est pas prêt.

PS 2: Je vous mets quelques liens en dessous, ce sont des sources qui m’ont bien aidé ❤

https://thethaiger.com/news/national/thailand-leads-asean-nations-in-annual-suicide-rate

https://prachatai.com/english/node/8100

https://thethaiger.com/news/national/land-of-teenage-tears-tackling-thailands-youth-depression-and-suicide

https://www.bangkokpost.com/life/social-and-lifestyle/1293539/seeking-care-for-mental-health-problems

https://www.bangkokpost.com/learning/advanced/314017/mental-health-neglected-in-thailand#cxrecs_s

https://www.bangkokpost.com/opinion/opinion/1574330/time-to-talk-about-mental-health

https://www.bangkokpost.com/opinion/opinion/1553982/when-teen-stress-is-deadly

5 réflexions au sujet de “Skate our Souls ou un cri d’alerte sur l’importance de la santé mentale”

  1. Hello !

    ça y est, je l’ai terminé… que d’émotions !!! j’ai ri (un peu), pleuré (beaucoup), j’ai été émue (énormément). Un très gros coup de cœur !

    Merci pour cet article vraiment très intéressant et bravo pour ton travail de recherches sur la dépression.
    Ton article m’a aussi beaucoup touché : j’ai eu envie de te faire un gros câlin en apprenant pour ta dépression. J’espère que tu as pu en sortir et que, si ce n’est pas encore le cas, tu as réussi à trouver un équilibre, que tu as un cocon d’amour autour de toi (famille, amis) et que comme Boo, tu as une passion qui t’aide à sortir du lit…
    Je me doute que ça a dû être dur de voir ce drama mais je suis contente qu’il ait pu t’aider malgré toutes les émotions qu’il a déclenchées. Je pense comme toi que ce drama peut être utile et peut changer le regard des gens sur la dépression (comme ont changés les regards du père et de Simon dans le drama)

    j’ai aimé le réalisme et le travail pour rendre au mieux les « sensations » liées à la dépression. Le travail de l’image et de la lumière est incroyable ! comme tu dis, rien d’exagéré, on est loin des Lakorns avec des vengeances, des cris,…
    C’est dur mais c’est beau et touchant. C’est la vraie vie !

    Les acteurs sont tous parfaits. J’ai vraiment été impressionnée par James. Quel acteur ! il est bouleversant. Tant d’émotions passent sur son visage, à travers ses gestes, son corps tout recroquevillé. J’avais envie de le prendre dans mes bras quasiment tout le drama. C’est peut-être pour ça que je me suis un peu reconnue dans Bell. Ce besoin de le protéger, de lui faire des sourires chaleureux pour le rassurer et le réconforter. Cette fille est « un rayon de soleil » comme tu le dis si bien.
    j’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Simon. très humain et réaliste dans sa complexité. Bon, le côté Bad boy au cœur tendre a encore eu raison de moi, j’ai complètement craqué pour lui ! Par contre, autant je ne lui donnais pas 35 ans, autant je le voyais plus vieux que toi (28-30 ans) car un moment il dit qu’il est « vieux » dans le milieu du Skate et qu’il sent que son corps ne suit plus aussi bien.

    Je pourrai encore parler des heures de ce drama. C’est ce que je ferai sûrement dans mon futur blog.
    En tout cas merci de m’avoir fait découvert ce drama. il était dans ma liste mais noyé dans la masse, et quand tu as écrit ton article, j’avais tellement envie de le lire que j’ai mis le drama dans le haut de ma liste. (je ne lis pas les avis avant d’avoir vu le film ou le drama). Et je ne le regrette pas, car j’ai découvert un drama magnifique et un très bon article, plein de sensibilité mais en même temps instructif. 🙂

    Hâte de lire tes prochains articles, de voir tes prochains projets ! A bientôt sur Twitter ! ^^

    Aimé par 1 personne

    1. Coucou, c’est avec du retard que je réponds (qui est surpris ici ?!) à ton message qui m’a fait très plaisir 

      Je suis contente que tu sois passée par une foule d’émotions et qu’il t’ait plu, il est vraiment incroyable!
      Je suis soulagée encore une fois qu’il ait été intéressant et j’aime beaucoup faire des recherches, c’est compulsif xD

      Merci ça me touche beaucoup ❤ Ca dure depuis bientôt un an et la situation est malheureusement toujours compliquée mais je vais m’accrocher *câlin*
      La photographie, le fait de pouvoir écrire sur des séries/films et mes amis m’aident beaucoup, être sur Twitter aussi mine de rien 

      Quand je regardais les behind the scenes du drama, le travail derrière était effectivement considérable, que ce soit les acteurs ou le staff, tous se sont renseignés sur ce sujet et ont crée une œuvre dingue. Ils se sont aidés les uns et les autres et ça transparait clairement dans cette série, oui une série humaine.

      J’ai hâte de lire tes futurs articles et celui également sur SOS! ❤

      A bientôt 

      Aimé par 1 personne

  2. Mince, je n’avais pas vu que tu m’avais répondu. 😦

    en photo tu fais des choses vraiment intéressantes et tes critiques de dramas/films sont vraiment ce que je recherche. Tu fais un réel travail de fond. Et c’est passionnant. Continue tes passions ! Et je suis de tout cœur avec toi *câlin*

    je finis mon bilan 2019 et après je me revois SOS pour écrire mon avis. 😉
    J’ai hâte de lire tes futurs articles aussi.

    Bisous ❤

    Aimé par 1 personne

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