Depuis 12 ans, courant milieu Ă la fin mars, 5 courts mĂ©trages peuvent ĂȘtre vus gratuitement sur les diffĂ©rentes plateformes du British Council Arts (en partenariat avec le BFI Flare: London LGBTQIA+ Film Festival). Une fĂȘte pour soutenir les diffĂ©rentes communautĂ©s LGBTQIA+ Ă travers le monde, reprĂ©sentĂ©es par diffĂ©rents pays Ă chaque fois. Avec, il faut le souligner, une variĂ©tĂ© de langues pour les sous titres notamment le français.
Five Films For Freedom | British Council Arts
Rag Dolls and the power of seeing queer disabled lives on screen | British Council
Il est temps de passer Ă ces 5 films !
.
.
1 â SWEAT (MĂŽ HĂŽi) [DirigĂ© par Edward Nguyen, Vietnam â 15 min]

RĂ©sumĂ© : Ă la veille de quitter le Vietnam rural, Hung un travailleur agricole, se prĂ©pare Ă traverser illĂ©galement la frontiĂšre Ă la recherche d’un refuge Ă l’Ă©tranger.
TrĂšs doux. TrĂšs contemplatif. TrĂšs Ă©phĂ©mĂšre. Mais bien rĂ©el. 2 poissons qui ne sont plus que deux, tout le monde est parti. Vont-ils revenir et si oui, vont-ils ĂȘtre oubliĂ©s de tous ? Hung, malgrĂ© la peur de se jeter dans lâinconnu et de laisser Ă terre ce qui lui est familier, prĂ©fĂšre sây confronter pour ne plus exister dans cette coquille vide.
Il craint dâĂȘtre oubliĂ© aprĂšs sa quĂȘte de paradis, pourtant sa prĂ©sence sera toujours ancrĂ©e dans les souvenirs, les personnes et les objets restĂ©s derriĂšre lui.
2 – I Hate Helen [DirigĂ©e par Katie Lambert, Royaume-Uni – 8 min]

Résumé : Priya déteste Helen. Elle la déteste à la cantine. En sciences. ParticuliÚrement à la piscine. Majoritairement, Priya déteste la façon dont HélÚne lui inspire certains sentiments.
Dissonance. Câest le mot qui pourrait qualifier les pensĂ©es et les actions contradictoires de Priya envers Helen. Elle fait tout ce quâelle peut pour maintenir les apparences devant ses amies (au passage, un des trios les plus cool que jâai vu au cinĂ©ma !) et se convaincre elle-mĂȘme.
Se convaincre pour Ă©viter de faire face Ă son propre dĂ©sir. Elle la dĂ©sire si fort quâelle se persuade que ça ne peut ĂȘtre que de la haine. AprĂšs, ces deux sentiments sont trĂšs intenses et se ressemblent, câest comprĂ©hensible.
Câest la cacophonie dans sa tĂȘte : ses pensĂ©es rĂ©sonnent, rien nâest clair Ă l’image des reflets dans la piscine, quâest ce que ça veut dire ces sourires ou cet air supposĂ© dĂ©goĂ»tĂ© ? Le son fait les montagnes russes et elle ne parvient plus Ă distinguer oĂč elle se situe, prĂȘte Ă exploser comme un mĂ©lange chimique en Ă©bullition. Puis enfin, la dĂ©livrance. Helen et Priya se retrouvent sur la mĂȘme frĂ©quence, leurs respirations en symbiose, les yeux rivĂ©s dans les yeux. Lâacceptation de cette vague puissante.
3 – THEO [DirigĂ©s par Monica Palazzo et Jo Galvv, BrĂ©sil – 15 min]

RĂ©sumĂ© : BrĂ©sil, 1986. Pendant la Coupe du monde, ThĂ©o, ĂągĂ© de sept ans, vit sa vie d’Ă©colier tout en dĂ©fiant les attentes de la sociĂ©tĂ© concernant le genre. Entre silence et rĂ©bellion, il commence Ă inventer sa propre façon d’exister.
Lâimportance nâest pas de connaĂźtre le genre de ThĂ©o ou ce qui se cache derriĂšre son silence face aux questions rĂ©pĂ©titives des autres enfants. A lâimage de la Maradona pendant cette Coupe du monde de football, un miracle ou du moins une avancĂ©e est bel et bien possible.
Par exemple, Journaliste en portugais brĂ©silien peut ĂȘtre accompagnĂ© dâun dĂ©terminant masculin ou fĂ©minin, câest lâapogĂ©e du progrĂšs Ă ce moment prĂ©cis. Alors que le racisme et la discrimination envers les filles, mĂȘme entre elles, bat son plein. Et câest ce que le film rĂ©ussit Ă montrer : que ses obstacles peuvent ĂȘtre dĂ©passĂ©s, un simple geste envers l’autre peut tout changer.
4 – Rag Dolls [DirigĂ©e par Amy Adler, Etats-Unis/Mexique – 13 min]

RĂ©sumĂ© : Le couple mariĂ©, formĂ© de Rosalinda (nĂ©e avec une spina bifida) et de Diana (qui a une paralysie cĂ©rĂ©brale) vivent Ă Puebla, au Mexique, oĂč le handicap croise la discrimination et la pauvretĂ©.
Un documentaire sur un couple de femmes handicapĂ©es ? J’ai tout de suite pensĂ© au court mĂ©trage japonais « In the Middle« . Des personnages (les actrices sont rĂ©ellement handicapĂ©es dans ITM) mis au centre car elles en sont toujours Ă©cartĂ©es : infrastructures inadaptĂ©es, une histoire racontĂ©e de leur point de vue (sans que ce soit dramatisĂ©) sur leur quotidien parce qu’il est tout aussi intĂ©ressant que celui des valides. L’importance de montrer cette injustice qui les empĂȘchent de prendre des dĂ©cisions sur n’importe quel aspect de leur existence et d’ĂȘtre traitĂ©es comme tout le monde.

Mais Rag Dolls va encore plus loin : qu’est ce ça signifie d’ĂȘtre une femme queer-racisĂ©e-handicapĂ©e dans la sociĂ©tĂ© mexicaine, l’absence de privilĂšges qui en dĂ©coule, l’homophobie, l’intersectionnalitĂ©, la pauvretĂ©, l’endurance et la tĂ©nacitĂ© des concernĂ©es… Tout en montrant l’amour qui les porte toutes les deux.
5 – Room 206 [DirigĂ©e par Laurie Bisceglia, France – 17 min]

RĂ©sumĂ© : AprĂšs avoir subi une opĂ©ration d’affirmation de genre, Claire ne se soucie dĂ©sormais plus de ce que les autres pensent.
âJe vais vers la vie.â
Pour ce documentaire, il Ă©tait aussi difficile de ne pas pleurer, non pas parce que jâĂ©tais inquiĂšte de ce choix mais Ă quel point, iel rayonnait en en parlant ! Tellement sensĂ© et naturel, iel ne sait pas quel sera le prochain chapitre mais câest lui qui lâĂ©crira comme cette opĂ©ration parce que câest SON corps. Un nouveau corps qui marque le dĂ©but dâune nouvelle histoire. Je suis rassurĂ©e que tout se soit bien passĂ© et quâiel ait bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun tel soutien. Et je lui souhaite des glaces Ă volontĂ© pour le restant de sa nouvelle vie !
J’espĂšre que ce petit article vous aura plu ou rendu curieux, Ă plus pour des aventures dramatesques !
